Leloup. PubliĂ© le 18 novembre 2016 par leserablesclasse1. On ne mâaime pas du tout, Mon poil nâest pas trĂšs doux ! On ne mâaime pas du tout, Je vis au fond de mon trou ! On ne mâaime pas du tout, On me chasse de partout ! On Continuer la lecture â. PubliĂ© dans Chants/Comptines, Langage | Laisser un commentaire. Au revoir L. PubliĂ© le 18
Letour du monde de Loup - L'Egypte. Bonjour Ă tous, nous voici de retour pour une nouvelle Ă©tape du tour du monde de Loup. Aujourd'hui Loup a dĂ©cidĂ© de quitter le continent europĂ©en. Il va sur le continent africain, en Egypte. Dans ce pays oĂč il fait trĂšs chaud, Loup dĂ©couvrit de drĂŽle de constructions : des pyramides et le grand Sphinx.
CĆurde loup. Pas le temps de tout lui dire. Pas le temps de tout lui taire. Juste assez pour tenter la satyre. Qu'elle sente que j'veux lui plaire. Sous le pli de l'emballage. La lubie de faufiler. La folie de rester sage si elle veut. Ou pas l'embrasser.
Legrand loup du bois Hou ! hou ! hou ! Le grand loup du bois Il ne mange pas les filles Il ne mange pas les gars Il préfÚre la vanille Les bonbons au nougat pour écouter la chanson suivante Lire la suite tribune libre: autres comptines de loup Publié le 26 février 2010 par isa. TRIBUNE LIBRE AUTEURS DES RECHERCHES : VIRGINIE, SEV Petit loup, petit loup est
6â Cherche sur ce site dans le mini-dossier « Le loup » le titre de cette comptine : On ne m'aime pas du tout mon poil n'est pas doux doux doux On ne m'aime pas du tout je vis au
Leloup On ne m'aime pas du tout Mon poil n'est pas doux doux doux On ne m'aime pas du tout Je vis au fond de mon trou On ne m'aime pas du tout On me chasse de partout On ne m'aime pas du tout On m'appelle méchant loup On ne m'aime pas du tout Et je hurle comme un fou Haou !!! Conformément aux dispositions du Code de la Propriété Intellectuelle, si
peindreun carton blanc (ici, peinture à l'eau), trouver trois objets ronds pour réaliser, en faisant le contour, trois cercles de différentes tailles sur trois papiers de différentes couleurs (assiette de la dßnettes, verres), tracer sur un papier vert la tige, la découper et la coller (colle blanche), dessiner, découper et coller les feuilles, coller les 3 cercles, coller un
Fb2wS. Des textes adaptĂ©s aux dys pour aider en lecture. Donner accĂšs Ă la lecture aux Ă©lĂšves Ă besoins spĂ©cifiques dyslexie, dyspraxie, dysphasie, TDA, ⊠Pour toute demande et merci de lire jusquâau bout đ et car je ne rĂ©ponds plus si je nâai pas ces indications. A A la cour du roi Soleil Armande la vache qui nâaimait pas ses taches Ayo le clan des roches vertes AncĂȘtre disparue B BĂ©rangĂšre tĂȘte en lâair Les petites crapules C Caillou se brosse les dents â texte dys syllabĂ© Câest moi le plus fort Chuuut je lis Classe folle tout sâenvole CE1 Classe folle Tout sâenvole exploitation Comme une grenouille Compte les moutons Crocolou aime la galette Crocolou aime la galette exercices Cromignon Conte de Perrault pour dys Charlie et la Chocolaterie D Dino Ă lâĂ©cole Distrait Saint Nicolas Trop gros saint Nicolas impression en mode livret Et dans ta tĂȘte Ă toi ? Cirque Etoile Le dĂ©jeuner de la petite ogresse E Et dans la tĂȘte Ă toi Edouard le loir Enzo va Ă lâĂ©cole GS Etoile tapuscrit Etoile tapuscrit CE1 F Flocon dâArgent Frayeur au chĂąteau Brune du lac GĂ©ant de ZĂ©ralada G â J Gruffalo Je plante du cresson Jinko le dinosaure Grosse colĂšre L La brouille La galette Ă lâescampette texte et exercices pour prĂ©parer la dictĂ©e CE1 la galette du roi Loup La maman Lionne La petite poule qui voulait voir la mer L La peur du noir de Zaza GS et CP La princesse Ă la gomme La princesse Ă la gomme Tapuscrit syllabĂ© CE1 La rentrĂ©e des mamans exercices version syllabĂ©e dys » La rentrĂ©e de la petite sorciĂšre La petite casserole dâAnatole La montagne de livres Les taches dâencre La vĂ©ritable histoire de la galette des rois lecture dys LĂ©a Ă la dĂ©couverte de lâunivers Le chagrin de Lulu GS Le cirque Patatrac lâhistoire du lion qui ne savait pas Ă©crire Le loup Gouloup et la lune Le loup qui nâaimait pas NoĂ«l de Orianne Lallemand CE1 Le loup qui voulait changer de couleur exercice L Le loup qui voulait ĂȘtre un artiste Orianne Lallemand Loup qui voulait faire le tour du monde Le Loup qui enquĂȘtait au musĂ©e Loup qui dĂ©couvrait le pays des contes + Sac Ă histoire +sac Ă histoire Pas moyen de les retrouver Le loup qui voulait apprendre Ă gĂ©rer ses Ă©motions Le loup qui nâaimait pas lire Le loup qui sâaimait trop Le Loup qui avait la tĂȘte dans les Ă©toiles Le loup qui voyageait dans le temps Le loup qui ne voulait plus marcher Les cent mensonges de Vincent Le tour du monde n 80 jours Le loup qui fĂȘtait son anniversaire Le loup sentimental Geoffroy de Pennart Le lutin au jardin Le monstre poilu Le petit ogre veut aller Ă lâĂ©cole Le pipi au lit de Lili GS et CP Câest la vie! Le pouce de Titou câest la vie! Le sapin de monsieur Jacobi CP et CE1 Le secret de Chen Le loup qui voulait manger le pĂšre NoĂȘl Les Cro-Magnons-texte syllabĂ© Les formules ma-ma-magiques politesse La Maman Lionne Les petites crapules BĂ©rangĂšre TĂȘte en lâair Les piquants de goz exercices Les piquants de Goz texte Les poux de la reine tapuscrit syllabĂ© Le vĂ©lo Pâtit doc Lâhiver de la famille souris lâAfrique de Zigomar Loupiotte Lila la petite cape parme Loulou Loup Gouloup et la lune LĂ©on et son croco Le voyage des graines Lulu et le sapin orphelin Tapuscrit CE1 Lulu la tortue Madame gĂ©niale les cents mensonges de Vincent Le tour du Monde en 80 jours Les doigts rouges LĂ©a dĂ©couvre lâunivers M Mademoiselle sauve qui peut de Philippe Corentin Marmouset plante une graine texte dys et TBI Mini-Loup en Egypte Mouztik Emmanuelle Eeckhout lecture interactive Mini-Loup au cirque Mini-loup au poney club ex Mme NoĂ«l M Mon aventure avec les dinosaures Monstre poilu Musette Souricette pour la GS Mythes grecs pour les petits tous Mais oĂč sont passes mes dents de lait ? qui a tuĂ© Minou-Bonbon Montessori â jâapprends Ă lire Les Ă©toiles Montessori N Nico perdu Ă Londres de Hubert Ben Kemoun- Exercice et texte NoĂ«l chez Papy Loup Nook sur la banquise Mais oĂč sont passĂ©es mes dents de lait ? O on a volĂ© les oreilles de monsieur Lapin P Petit cube chez les tout ronds Petit Ogre veut aller Ă lâĂ©cole PĂ©lagie la SorciĂšre PĂšre NoĂ«l voit rouge Piquants de goz Pinochio Princesse parfaite â ZoĂ© attend NoĂ«l. Exploitation et texte ⊠S Saute qui poux Saint Nicolas et lâĂąne tĂȘtu + Exercices Distrait Saint Nicolas e T Trois brigands Thomas au temps des chevaliers La Class Trois grains de riz U Un amour de tortue Une chouette super chouette Urashima Un ocĂ©an de tristesse V Viens jouer avec moi petite souris Versail et le poisson de lumiĂšre Z ZĂ©kĂ©yĂ© Zigomar nâaime pas les lĂ©gumes tapuscrit syllabĂ© et exercices Afrique de Zigomar ZoĂ© et ThĂ©o chez les dinosaures texte syllabĂ© ZoĂ© attend NoĂ«l Pour les besoins des Ă©lĂšves, nous adaptons nos textes Ă la dyspraxie, dyslexie, dysphasie, dysfĂ©rence, aux difficultĂ©s dâapprentissages et aux besoins spĂ©cifiques. Lire la suite
ACTE IIIModifier ScĂšne premiĂšreModifier LĂLIO, ARLEQUIN ARLEQUIN entre pleurant. Hi ! hi ! hi ! hi ! LĂLIO Dis-moi donc pourquoi tu pleures ; je veux le savoir absolument. ARLEQUIN, plus fort. Hi ! hi ! hi ! hi ! LĂLIO Mais quel est le sujet de ton affliction ? ARLEQUIN Ah ! Monsieur, voilĂ qui est fini ; je ne serai plus gaillard. LĂLIO Pourquoi ? ARLEQUIN Faute dâavoir envie de rire. LĂLIO Et dâoĂč vient que tu nâas plus envie de rire, imbĂ©cile ? ARLEQUIN Ă cause de ma tristesse. LĂLIO Je te demande ce qui te rend triste. ARLEQUIN Câest un grand chagrin, Monsieur. LĂLIO Il ne rira plus parce quâil est triste, et il est triste Ă cause dâun grand chagrin. Te plaira-t-il de tâexpliquer mieux ? Sais-tu bien que je me fĂącherai Ă la fin ? ARLEQUIN HĂ©las ! je vous dis la vĂ©ritĂ©. Il soupire. LĂLIO Tu me la dis si sottement, que je nây comprends rien ; tâa-t-on fait du mal ? ARLEQUIN Beaucoup de mal. LĂLIO Est-ce quâon tâa battu ? ARLEQUIN PĂ» ! bien pis que tout, cela, ma foi. LĂLIO Bien pis que tout cela ? ARLEQUIN Oui ; quand un pauvre homme perd de lâor, il faut quâil meure ; et je mourrai aussi, je nây manquerai pas. LĂLIO Que veut dire de lâor ? ARLEQUIN De lâor du PĂ©rou ; voilĂ comme on dit quâil sâappelle. LĂLIO Est-ce que tu en avais ? ARLEQUIN Eh ! vraiment oui ; voilĂ mon affaire. Je nâen ai plus, je pleure ; quand jâen avais, jâĂ©tais bien aise. LĂLIO Qui est-ce qui te lâavait donnĂ©, cet or ? ARLEQUIN Câest Monsieur le Chevalier qui mâavait fait prĂ©sent de cet Ă©chantillon-lĂ . LĂLIO De quel Ă©chantillon ? ARLEQUIN Eh ! je vous le dis. LĂLIO Quelle patience il faut avoir avec ce nigaud-lĂ ! Sachons pourtant ce que câest. Arlequin, fais trĂȘve Ă tes larmes. Si tu te plains de quelquâun, jây mettrai ordre ; mais Ă©claircis-moi la chose. Tu me parles dâun or du PĂ©rou, aprĂšs cela dâun Ă©chantillon je ne tâentends point ; rĂ©ponds-moi prĂ©cisĂ©ment ; le Chevalier tâa-t-il donnĂ© de lâor ? ARLEQUIN Pas Ă moi ; mais il lâavait donnĂ© devant moi Ă Trivelin pour me le rendre en main propre ; mais cette main propre nâen a point tĂątĂ© ; le fripon a tout gardĂ© dans la sienne, qui nâĂ©tait pas plus propre que la mienne. LĂLIO Cet or Ă©tait-il en quantitĂ© ? Combien de louis y avait-il ? ARLEQUIN Peut-ĂȘtre quarante ou cinquante ; je ne les ai pas comptĂ©s. LĂLIO Quarante ou cinquante ! Et pourquoi le Chevalier te faisait-il ce prĂ©sent-lĂ ? ARLEQUIN Parce que je lui avais demandĂ© un Ă©chantillon. LĂLIO Encore ton Ă©chantillon ! ARLEQUIN Eh ! vraiment oui ; Monsieur le Chevalier en avait aussi donnĂ© Ă Trivelin. LĂLIO Je ne saurais dĂ©brouiller ce quâil veut dire ; il y a cependant quelque chose lĂ -dedans qui peut me regarder. RĂ©ponds-moi avais-tu rendu au Chevalier quelque service qui lâengageĂąt Ă te rĂ©compenser. ARLEQUIN Non ; mais jâĂ©tais jaloux de ce quâil aimait Trivelin, de ce quâil avait charmĂ© son cĆur et mis de lâor dans sa bourse ; et moi, je voulais aussi avoir le cĆur charmĂ© et la bourse pleine. LĂLIO Quel Ă©trange galimatias me fais-tu lĂ ? ARLEQUIN Il nây a pourtant rien de plus vrai que tout cela. LĂLIO Quel rapport y a-t-il entre le cĆur de Trivelin et le Chevalier ? Le Chevalier a-t-il de si grands charmes ? Tu parles de lui comme dâune femme. ARLEQUIN Tant y a quâil est ravissant, et quâil fera aussi rafle de votre cĆur, quand vous le connaĂźtrez. Allez, pour voir, lui dire je vous connais et je garderai le secret. Vous verrez si ce nâest pas un Ă©chantillon qui vous viendra sur-le-champ, et vous me direz si je suis fou. LĂLIO Je nây comprends rien. Mais qui est-il, le Chevalier ? ARLEQUIN VoilĂ justement le secret qui fait avoir un prĂ©sent, quand on le garde. LĂLIO Je prĂ©tends que tu me le dises, moi. ARLEQUIN Vous me ruineriez, Monsieur, il ne me donnerait plus rien, ce charmant petit semblant dâhomme, et je lâaime trop pour le fĂącher. LĂLIO Ce petit semblant dâhomme ! Que veut-il dire ? et que signifie son transport ? En quoi le trouves-tu donc plus charmant quâun autre ? ARLEQUIN Ah ! Monsieur, on ne voit point dâhommes comme lui ; il nây en a point dans le monde ; câest folie que dâen chercher ; mais sa mascarade empĂȘche de voir cela. LĂLIO Sa mascarade ! Ce quâil me dit lĂ me fait naĂźtre une pensĂ©e que toutes mes rĂ©flexions fortifient ; le Chevalier a de certains traits, un certain minois⊠Mais voici Trivelin ; je veux le forcer Ă me dire la vĂ©ritĂ©, sâil la sait ; jâen tirerai meilleure raison que de ce butor-lĂ . Ă Arlequin. Va-tâen ; je tĂącherai de te faire ravoir ton argent. Arlequin part en lui baisant la main et se plaignant. ScĂšne IIModifier LĂLIO, TRIVELIN TRIVELIN entre en rĂȘvant, et, voyant LĂ©lio, il dit. Voici ma mauvaise paye ; la physionomie de cet homme-lĂ mâest devenue fĂącheuse ; promenons-nous dâun autre cĂŽtĂ©. LĂLIO lâappelle. Trivelin, je voudrais bien te parler. TRIVELIN Ă moi, Monsieur ? Ne pourriez-vous pas remettre cela ? Jâai actuellement un mal de tĂȘte qui ne me permet de conversation avec personne. LĂLIO Bon, bon ! câest bien Ă toi Ă prendre garde Ă un petit mal de tĂȘte, approche. TRIVELIN Je nâai, ma foi, rien de nouveau Ă vous apprendre, au moins. LĂLIO va Ă lui, et le prenant par le bras. Viens donc. TRIVELIN Eh bien, de quoi sâagit-il ? Vous reprocheriez-vous la rĂ©compense que vous mâavez donnĂ©e tantĂŽt ? Je nâai jamais vu de bienfait dans ce goĂ»t-lĂ ; voulez-vous rayer ce petit trait-lĂ de votre vie ? tenez, ce nâest quâune vĂ©tille, mais les vĂ©tilles gĂątent tout. LĂLIO Ăcoute, ton verbiage me dĂ©plaĂźt. TRIVELIN Je vous disais bien que je nâĂ©tais pas en Ă©tat de paraĂźtre en compagnie. LĂLIO Et je veux que tu rĂ©pondes positivement Ă ce que je te demanderai ; je rĂ©glerai mon procĂ©dĂ© sur le tien. TRIVELIN Le vĂŽtre sera donc court ; car le mien sera bref. Je nâai vaillant quâune rĂ©plique, qui est que je ne sais rien ; vous voyez bien que je ne vous ruinerai pas en interrogations. LĂLIO Si tu me dis la vĂ©ritĂ©, tu nâen seras pas fĂąchĂ©. TRIVELIN Sauriez-vous encore quelques coups de bĂąton Ă mâĂ©pargner ? LĂLIO, fiĂšrement. Finissons. TRIVELIN, sâen allant. JâobĂ©is. LĂLIO OĂč vas-tu ? TRIVELIN Pour finir une conversation, il nây a rien de mieux que de la laisser lĂ ; câest le plus court, ce me semble. LĂLIO Tu mâimpatientes, et je commence Ă me fĂącher ; tiens-toi lĂ ; Ă©coute, et me rĂ©ponds. TRIVELIN, Ă part. Ă qui en a ce diable dâhomme-lĂ ? LĂLIO Je crois que tu jures entre tes dents ? TRIVELIN Cela mâarrive quelquefois par distraction. LĂLIO Crois-moi, traitons avec douceur ensemble, Trivelin, je tâen prie. TRIVELIN Oui-da, comme il convient Ă dâhonnĂȘtes gens. LĂLIO Y a-t-il longtemps que tu connais le Chevalier ? TRIVELIN Non, câest une nouvelle connaissance ; la vĂŽtre et la mienne sont de la mĂȘme date. LĂLIO Sais-tu qui il est ? TRIVELIN Il se dit cadet dâun aĂźnĂ© gentilhomme ; mais les titres, de cet aĂźnĂ©, je ne les ai point vus ; si je les vois jamais, je vous en promets copie. LĂLIO Parle-moi Ă cĆur ouvert. TRIVELIN Je vous la promets, vous dis-je, je vous en donne ma parole ; il nây a point de sĂ»retĂ© de cette force-lĂ nulle part. LĂLIO Tu me caches la vĂ©ritĂ© ; le nom de Chevalier quâil porte nâest quâun faux nom. TRIVELIN Serait-il lâaĂźnĂ© de sa famille ? Je lâai cru rĂ©duit Ă une lĂ©gitime ; voyez ce que câest ! LĂLIO Tu bats la campagne ; ce Chevalier mal nommĂ©, avoue-moi que tu lâaimes. TRIVELIN Eh ! je lâaime par la rĂšgle gĂ©nĂ©rale quâil faut aimer tout le monde ; voilĂ ce qui le tire dâaffaire auprĂšs de moi. LĂLIO Tu tây ranges avec plaisir, Ă cette rĂšgle-lĂ . TRIVELIN Ma foi, Monsieur, vous vous trompez, rien ne me coĂ»te tant que mes devoirs ; plein de courage pour les vertus inutiles, je suis dâune tiĂ©deur pour les nĂ©cessaires qui passe lâimagination ; quâest-ce que câest que nous ! NâĂȘtes-vous pas comme moi, Monsieur ? LĂLIO, avec dĂ©pit. Fourbe ! tu as de lâamour pour ce faux Chevalier. TRIVELIN Doucement, Monsieur ; diantre ! ceci est sĂ©rieux. LĂLIO Tu sais quel est son sexe. TRIVELIN Expliquons-nous. De sexes, je nâen connais que deux lâun qui se dit raisonnable, lâautre qui nous prouve que cela nâest pas vrai ; duquel des deux le Chevalier est-il ? LĂLIO, le prenant par le bouton. Puisque tu mây forces, ne perds rien de ce que je vais te dire. Je te ferai pĂ©rir sous le bĂąton si tu me joues davantage ; mâentends-tu ? TRIVELIN Vous ĂȘtes clair. LĂLIO Ne mâirrite point ; jâai dans cette affaire-ci un intĂ©rĂȘt de la derniĂšre consĂ©quence ; il y va de ma fortune ; et tu parleras, ou je te tue. TRIVELIN Vous me tuerez si je ne parle ? HĂ©las ! Monsieur, si les babillards ne mouraient point, je serais Ă©ternel, ou personne ne le serait. LĂLIO Parle donc. TRIVELIN Donnez-moi un sujet ; quelque petit quâil soit, je mâen contente, et jâentre en matiĂšre. LĂLIO, tirant son Ă©pĂ©e. Ah ! tu ne veux pas ! Voici qui te rendra plus docile. TRIVELIN, faisant lâeffrayĂ©. Fi donc ! Savez-vous bien que vous me feriez peur, sans votre physionomie dâhonnĂȘte homme ? LĂLIO, le que tu es ! TRIVELIN Câest mon habit qui est un coquin ; pour moi, je suis un brave homme, mais avec cet Ă©quipage-lĂ , on a de la probitĂ© en pure perte ; cela ne fait ni honneur ni profit. LĂLIO, remettant son je tĂącherai de me passer de lâaveu que je te demandais ; mais je te retrouverai, et tu me rĂ©pondras de ce qui mâarrivera de fĂącheux. TRIVELIN En quelque endroit que nous nous rencontrions, Monsieur, je sais ĂŽter mon chapeau de bonne grĂące, je vous en garantis la preuve, et vous serez content de moi. LĂLIO, en colĂšre. Retire-toi. TRIVELIN, sâen allant. Il y a une heure que je vous lâai proposĂ©. ScĂšne IIIModifier LE CHEVALIER, LĂLIO, rĂȘveur. LE CHEVALIER Eh bien ! mon ami, la Comtesse Ă©crit actuellement des lettres pour Paris ; elle descendra bientĂŽt, et veut se promener avec moi, mâa-t-elle dit. Sur cela, je viens tâavertir de ne nous pas interrompre quand nous serons ensemble, et dâaller bouder dâun autre cĂŽtĂ©, comme il appartient Ă un jaloux. Dans cette conversation-ci, je vais mettre la derniĂšre main Ă notre grand Ćuvre, et achever de la rĂ©soudre. Mais je voudrais que toutes tes espĂ©rances fussent remplies, et jâai songĂ© Ă une chose le dĂ©dit que tu as dâelle est-il bon ? Il y a des dĂ©dits mal conçus et qui ne servent de rien ; montre-moi le tien, je mây connais, en cas quâil y manquĂąt quelque chose, on pourrait prendre des mesures. LĂLIO, Ă de le dĂ©masquer si mes soupçons sont justes. LE CHEVALIER RĂ©ponds-moi donc ; Ă qui en as-tu ? LĂLIO Je nâai point le dĂ©dit sur moi ; mais parlons dâautre chose. LE CHEVALIER Quây a-t-il de nouveau ? Songes-tu encore Ă me faire Ă©pouser quelque autre femme avec la Comtesse ? LĂLIO Non ; je pense Ă quelque chose de plus sĂ©rieux ; je veux me couper la gorge. LE CHEVALIER Diantre ! quand tu te mĂȘles du sĂ©rieux, tu le traites Ă fond ; et que tâa fait ta gorge pour la couper ? LĂLIO Point de plaisanterie. LE CHEVALIER, Ă part. Arlequin aurait-il parlĂ© ! Ă LĂ©lio. Si ta rĂ©solution tient, tu me feras ton lĂ©gataire, peut-ĂȘtre ? LĂLIO Vous serez de la partie dont je parle. LE CHEVALIER Moi ! je nâai rien Ă reprocher Ă ma gorge, et sans vanitĂ© je suis content dâelle. LĂLIO Et moi, je ne suis point content de vous, et câest avec vous que je veux mâĂ©gorger. LE CHEVALIER Avec moi ? LĂLIO Vous mĂȘme. LE CHEVALIER, riant et le poussant de la main. Ah ! ah ! ah ! ah ! Va te mettre au lit et te faire saigner, tu es malade. LĂLIO Suivez-moi. LE CHEVALIER, lui tĂątant le pouls. VoilĂ un pouls qui dĂ©note un transport au cerveau ; il faut que tu aies reçu un coup de soleil. LĂLIO Point tant de raisons ; suivez-moi, vous dis-je. LE CHEVALIER Encore un coup, va te coucher, mon ami. LĂLIO Je vous regarde comme un lĂąche si vous ne marchez. LE CHEVALIER, avec pitiĂ©. Pauvre homme ! aprĂšs ce que tu me dis lĂ , tu es du moins heureux de nâavoir plus le bon sens. LĂLIO Oui, vous ĂȘtes aussi poltron quâune femme. LE CHEVALIER, Ă part. Tenons ferme. Ă LĂ©lio. LĂ©lio, je vous crois malade ; tant pis pour vous si vous ne lâĂȘtes pas. LĂLIO, avec vous dis que vous manquez de cĆur, et quâune quenouille siĂ©rait mieux Ă votre cĂŽtĂ© quâune Ă©pĂ©e. LE CHEVALIER Avec une quenouille, mes pareils vous battraient encore. LĂLIO Oui, dans une ruelle. LE CHEVALIER Partout. Mais ma tĂȘte sâĂ©chauffe ; vĂ©rifions un peu votre Ă©tat. Regardez-moi entre deux yeux ; je crains encore que ce ne soit un accĂšs de fiĂšvre, voyons. LĂ©lio le regarde. Oui, vous avez quelque chose de fou dans le regard, et jâai pu mây tromper. Allons, allons ; mais que je sache du moins en vertu de quoi je vais vous rendre sage. LĂLIO Nous passons dans ce petit bois, je vous le dirai lĂ . LE CHEVALIER HĂątons-nous donc. Ă part. Sâil me voit rĂ©solue, il sera peut-ĂȘtre poltron. Ils marchent tous deux, quand ils sont tout prĂšs de sortir du théùtre. LĂLIO se retourne, regarde le Chevalier, et dit. Vous me suivez donc ? LE CHEVALIER Quâappelez-vous, je vous suis ? quâest-ce que cette rĂ©flexion-lĂ . Est-ce quâil vous plairait Ă prĂ©sent de prendre le transport au cerveau pour excuse ? Oh ! il nâest-plus temps ; raisonnable ou fou ; malade ou sain, marchez ; je veux filer ma quenouille. Je vous arracherais, morbleu, dâentre les mains des mĂ©decins, voyez-vous ! Poursuivons. LĂLIO le regarde avec attention. Câest donc tout de bon ? LE CHEVALIER Ne nous amusons point, vous dis-je, vous devriez ĂȘtre expĂ©diĂ©. LĂLIO, revenant au mon ami ; expliquons-nous Ă prĂ©sent. LE CHEVALIER, lui serrant la main. Je vous regarde comme un lĂąche si vous hĂ©sitez davantage. LĂLIO, Ă part. Je me suis, ma foi, trompĂ© ; câest un cavalier, et des plus rĂ©solus. LE CHEVALIER, mutin. Vous ĂȘtes plus poltron quâune femme. LĂLIO Parbleu ! Chevalier, je tâen ai cru une ; voilĂ la vĂ©ritĂ©. De quoi tâavises-tu aussi dâavoir un visage Ă toilette ? Il nây a point de femme Ă qui ce visage-lĂ nâallĂąt comme un charme ; tu es masquĂ© en coquette. LE CHEVALIER Masque vous-mĂȘme ; vite au bois ! LĂLIO Non ; je ne voulais faire quâune Ă©preuve. Tu as chargĂ© Trivelin de donner de lâargent Ă Arlequin, je ne sais pourquoi. LE CHEVALIER, sĂ©rieusement. Parce quâĂ©tant seul, il mâavait entendu dire quelque chose de notre projet, quâil pouvait rapporter Ă la Comtesse ; voilĂ pourquoi, Monsieur. LĂLIO Je ne devinais pas. Arlequin mâa tenu aussi des discours qui signifiaient que tu Ă©tais fille ; ta beautĂ© me lâa fait dâabord soupçonner ; mais je me rends. Tu es beau, et encore plus brave ; embrassons-nous et reprenons notre intrigue. LE CHEVALIER Quand un homme comme moi est en train, il a de la peine Ă sâarrĂȘter. LĂLIO Tu as encore cela de commun avec la femme. LE CHEVALIER Quoi quâil en soit, je ne suis curieux de tuer personne ; je vous passe votre mĂ©prise ; mais elle vaut bien une excuse. LĂLIO Je suis ton serviteur, Chevalier, et je te prie dâoublier mon incartade. LE CHEVALIER Je lâoublie, et suis ravi que notre rĂ©conciliation mâĂ©pargne une affaire Ă©pineuse, et sans doute un homicide. Notre duel Ă©tait positif ; et si jâen fais jamais un, il nâaura rien Ă dĂ©mĂȘler avec les ordonnances. LĂLIO Ce ne sera pas avec moi, je tâen assure. LE CHEVALIER Non, je te le promets. LĂLIO, lui donnant la main. Touche lĂ ; je tâen garantis autant. Arlequin arrive et se trouve lĂ . ScĂšne IVModifier LE CHEVALIER, LĂLIO, ARLEQUIN ARLEQUIN Je vous demande pardon si je vous suis importun, Monsieur le Chevalier ; mais ce larron de Trivelin ne veut pas me rendre lâargent que vous lui avez donnĂ© pour moi. Jâai pourtant Ă©tĂ© bien discret. Vous mâavez ordonnĂ© de ne pas dire que vous Ă©tiez fille ; demandez Ă Monsieur LĂ©lio si je lui en ai dit un mot ; il nâen sait rien, et je ne lui apprendrai jamais. LE CHEVALIER, Ă©tonnĂ©. Peste soit du faquin ! je nây saurais plus tenir ARLEQUIN, tristement. Comment, faquin ! Câest donc comme cela que vous mâaimez ? Ă LĂ©lio. Tenez, Monsieur, Ă©coutez mes raisons ; je suis venu tantĂŽt, que Trivelin lui disait que tu es charmante, ma poule ! Baise-moi. Non. Donne-moi donc de lâargent. Ensuite il a avancĂ© la main pour prendre cet argent ; mais la mienne Ă©tait lĂ , et il est tombĂ© dedans. Quand le Chevalier a vu que jâĂ©tais lĂ mon fils, mâa-t-il dit, nâapprends pas au monde que je suis une fillette. Non, mamour ; mais donnez-moi votre cĆur. Prends, a-t-elle repris. Ensuite elle a dit Ă Trivelin de me donner de lâor. Nous avons Ă©tĂ© boire ensemble, le cabaret en est tĂ©moin et je reviens exprĂšs pour avoir lâor et le cĆur ; et voilĂ quâon mâappelle un faquin ! Le Chevalier rĂȘve. LĂLIO Va-tâen, laisse-nous, et ne dis mot Ă personne. ARLEQUIN sort. Ayez donc soin de mon bien. HĂ©, hĂ©, hĂ© ScĂšne VModifier LE CHEVALIER, LĂLIO LĂLIO Eh bien, Monsieur le duelliste, qui se battra sans blesser les ordonnances, je vous crois, mais quâavez-vous Ă rĂ©pondre ? LE CHEVALIER Rien ; il ne ment pas dâun mot. LĂLIO Vous voilĂ bien dĂ©concertĂ©e, ma mie. LE CHEVALIER Moi, dĂ©concertĂ©e ! pas un petit brin, grĂąces au ciel ; je suis une femme, et je soutiendrai mon caractĂšre. LĂLIO Ah, ha ! il sâagit de savoir Ă qui vous en voulez ici. LE CHEVALIER Avouez que jâai du guignon. Jâavais bien conduit tout cela ; rendez-moi justice ; je vous ai fait peur avec mon minois de coquette ; câest le plus plaisant. LĂLIO Venons au fait ; jâai eu lâimprudence de vous ouvrir mon cĆur. LE CHEVALIER Quâimporte ? je nâai rien vu dedans qui me fasse envie. LĂLIO Vous savez mes projets. LE CHEVALIER Qui nâavaient pas besoin dâun confident comme moi ; nâest-il pas vrai ? LĂLIO Je lâavoue. LE CHEVALIER Ils sont pourtant beaux ! Jâaime surtout cet ermitage et cette laideur immanquable dont vous gratifierez votre Ă©pouse quinze jours aprĂšs votre mariage ; il nây a rien de tel. LĂLIO Votre mĂ©moire est fidĂšle ; mais passons. Qui ĂȘtes-vous ? LE CHEVALIER Je suis fille, assez jolie, comme vous voyez, et dont les agrĂ©ments seront de quelque durĂ©e, si je trouve un mari qui me sauve le dĂ©sert et le terme des quinze jours ; voilĂ ce que je suis, et, par-dessus le marchĂ©, presque aussi mĂ©chante que vous. LĂLIO Oh ! pour celui-lĂ , je vous le cĂšde. LE CHEVALIER Vous avez tort ; vous mĂ©connaissez vos forces. LĂLIO QuâĂȘtes-vous venue faire ici ? LE CHEVALIER Tirer votre portrait, afin de le porter Ă certaine dame qui lâattend pour savoir ce quâelle fera de lâoriginal. LĂLIO Belle mission ! LE CHEVALIER Pas trop laide. Par cette mission-lĂ , câest une tendre brebis qui Ă©chappe au loup, et douze mille livres de rente de sauvĂ©es, qui prendront parti ailleurs ; petites, bagatelles qui valaient bien la peine dâun dĂ©guisement. LĂLIO, intriguĂ©. Quâest-ce que câest que tout cela signifie ? LE CHEVALIER Je mâexplique la brebis, câest ma maĂźtresse ; les douze mille livres de rente, câest son bien, qui produit ce calcul si raisonnable de tantĂŽt ; et le loup qui eĂ»t dĂ©vorĂ© tout cela, câest vous, Monsieur. LĂLIO Ah ! je suis perdu. LE CHEVALIER Non ; vous manquez votre proie ; voilĂ tout ; il est vrai quâelle Ă©tait assez bonne ; mais aussi pourquoi ĂȘtes-vous loup ? Ce nâest pas ma faute. On a su que vous Ă©tiez Ă Paris incognito ; on sâest dĂ©fiĂ© de votre conduite. LĂ -dessus on vous suit, on sait que vous ĂȘtes au bal ; jâai de lâesprit et de la malice, on mây envoie ; on mâĂ©quipe comme vous me voyez, pour me mettre Ă portĂ©e de vous connaĂźtre ; jâarrive, je fais ma charge, je deviens votre ami, je vous connais, je trouve que vous ne valez rien ; jâen rendrai compte ; il nây a pas un mot Ă redire. LĂLIO Vous ĂȘtes donc la femme de chambre de la demoiselle en question ? LE CHEVALIER Et votre trĂšs humble servante. LĂLIO Il faut avouer que je suis bien malheureux ! LE CHEVALIER Et moi bien adroite ! Mais, dites-moi, vous repentez-vous du mal que vous vouliez faire, ou de celui que vous nâavez pas fait ? LĂLIO Laissons cela. Pourquoi votre malice mâa-t-elle encore ĂŽtĂ© le cĆur de la Comtesse ? Pourquoi consentir Ă jouer auprĂšs dâelle le personnage que vous y faites ? LE CHEVALIER Pour dâexcellentes raisons. Vous cherchiez Ă gagner dix mille Ă©cus avec elle, nâest-ce pas ? Pour cet effet, vous rĂ©clamiez mon industrie ; et quand jâaurais conduit lâaffaire prĂšs de sa fin, avant de terminer je comptais de vous rançonner un peu, et dâavoir ma part au pillage ; ou bien de tirer finement le dĂ©dit dâentre vos mains, sous prĂ©texte de le voir, pour vous le revendre une centaine de pistoles payĂ©es comptant, ou en billets payables au porteur, sans quoi jâaurais menacĂ© de vous perdre auprĂšs des douze mille livres de rente, et de rĂ©duire votre calcul Ă zĂ©ro. Oh mon projet Ă©tait fort bien entendu ; moi payĂ©e, crac, je dĂ©campais avec mon petit gain, et le portrait qui mâaurait encore valu quelque petit revenant-bon auprĂšs de ma maĂźtresse ; tout cela joint Ă mes petites Ă©conomies, tant sur mon voyage que sur mes gages, je devenais, avec mes agrĂ©ments, un petit parti dâassez bonne dĂ©faite sauf le loup. Jâai manquĂ© mon coup, jâen suis bien fĂąchĂ©e ; cependant vous me faites pitiĂ©, vous. LĂLIO Ah ! si tu voulais⊠LE CHEVALIER Vous vient-il quelque idĂ©e ? Cherchez. LĂLIO Tu gagnerais encore plus que tu nâespĂ©rais. LE CHEVALIER Tenez, je ne fais point lâhypocrite ici ; je ne suis pas, non plus que vous, Ă un tour de fourberie prĂšs. Je vous ouvre aussi mon cĆur ; je ne crains pas de scandaliser le vĂŽtre, et nous ne nous soucierons pas de nous estimer ; ce nâest pas la peine entre gens de notre caractĂšre ; pour conclusion, faites ma fortune, et je dirai que vous ĂȘtes un honnĂȘte homme ; mais convenons de prix pour lâhonneur que je vous fournirai ; il vous en faut beaucoup. LĂLIO Eh ! demande-moi ce quâil te plaira, je te lâaccorde. LE CHEVALIER Motus au moins ! gardez-moi un secret Ă©ternel. Je veux deux mille Ă©cus, je nâen rabattrai pas un sou ; moyennant quoi, je vous laisse ma maĂźtresse, et jâachĂšve avec la Comtesse. Si nous nous accommodons, dĂšs ce soir jâĂ©cris une lettre Ă Paris, que vous dicterez vous-mĂȘme ; vous vous y ferez tout aussi beau quâil vous plaira, je vous mettrai Ă mĂȘme. Quand le mariage sera fait, devenez ce que vous pourrez, je serai nantie, et vous aussi ; les autres prendront patience. LĂLIO Je te donne les deux mille Ă©cus, avec mon amitiĂ©. LE CHEVALIER Oh ! pour cette nippe-lĂ , je vous la troquerai contre cinquante pistoles, si vous voulez. LĂLIO Contre cent, ma chĂšre fille. LE CHEVALIER Câest encore mieux ; jâavoue mĂȘme quâelle ne les vaut pas. LĂLIO Allons, ce soir nous Ă©crirons. LE CHEVALIER Oui. Mais mon argent, quand me le donnerez-vous ? LĂLIO, tirant une bague. Voici une bague pour les cent pistoles du troc, dâabord. LE CHEVALIER Bon ! Venons aux deux mille Ă©cus. LĂLIO Je te ferai mon billet tantĂŽt. LE CHEVALIER Oui, tantĂŽt ! Madame la Comtesse va venir, et je ne veux point finir avec elle que je nâaie toutes mes sĂ»retĂ©s. Mettez-moi le dĂ©dit en main ; je vous le rendrai tantĂŽt pour votre billet. LĂLIO, le tirant. Tiens, le voilĂ . LE CHEVALIER Ne me trahissez jamais. LĂLIO Tu es folle. LE CHEVALIER Voici la Comtesse. Quand jâaurai Ă©tĂ© quelque temps avec elle, revenez en colĂšre la presser de dĂ©cider hautement entre vous et moi ; et allez-vous-en, de peur quâelle ne nous voie ensemble. LĂ©lio sort. ScĂšne VIModifier LA COMTESSE, LE CHEVALIER LE CHEVALIER Jâallais vous trouver, Comtesse. LA COMTESSE Vous mâavez inquiĂ©tĂ©e, Chevalier. Jâai vu de loin, LĂ©lio vous parler ; câest un homme emportĂ© ; nâayez point dâaffaire avec lui, je vous prie. LE CHEVALIER Ma foi, câest un original. Savez-vous quâil se vante de vous obliger Ă me donner mon congĂ© ? LA COMTESSE Lui ? Sâil se vantait dâavoir le sien, cela serait plus raisonnable. LE CHEVALIER Je lui ai promis quâil lâaurait, et vous dĂ©gagerez ma parole. Il est encore de bonne heure ; il peut gagner Paris, et y arriver au soleil couchant ; expĂ©dions-le, ma chĂšre Ăąme. LA COMTESSE Vous nâĂȘtes quâun Ă©tourdi, Chevalier ; vous nâavez pas de raison. LE CHEVALIER De la raison ! que voulez-vous que jâen fasse avec de lâamour ? Il va trop son train pour elle. Est-ce quâil vous en reste encore de la raison, Comtesse ? Me feriez-vous ce chagrin-lĂ ? Vous ne mâaimeriez guĂšre. LA COMTESSE Vous voilĂ dans vos petites folies ; vous savez quâelles sont aimables, et câest ce qui vous rassure ; il est vrai que vous mâamusez. Quelle diffĂ©rence de vous Ă LĂ©lio, dans le fond ! LE CHEVALIER Oh ! vous ne voyez rien. Mais revenons Ă LĂ©lio ; je vous disais de le renvoyer aujourdâhui ; lâamour vous y condamne ; il parle, il faut obĂ©ir. LA COMTESSE Eh bien je me rĂ©volte ; quâen arrivera-t-il ? LE CHEVALIER Non ; vous nâoseriez, LA COMTESSE Je nâoserais ! Mais voyez avec quelle hardiesse il me dit cela ! LE CHEVALIER Non, vous dis-je ; je suis sĂ»r de mon fait ; car vous mâaimez votre cĆur est Ă moi. Jâen ferai ce que je voudrai, comme vous ferez du mien ce quâil vous plaira ; câest la rĂšgle, et vous lâobserverez, câest moi qui vous le dis. LA COMTESSE Il faut avouer que voilĂ un fripon bien sĂ»r de ce quâil vaut. Je lâaime ! mon cĆur est Ă lui ! il nous dit cela avec une aisance admirable ; on ne peut pas ĂȘtre plus persuadĂ© quâil est. LE CHEVALIER Je nâai pas le moindre petit doute ; câest une confiance que vous mâavez donnĂ©e ; et jâen use sans façon, comme vous voyez, et je conclus toujours que LĂ©lio partira. LA COMTESSE Et vous nây. songez pas. Dire Ă un homme quâil sâen aille ! LE CHEVALIER Me refuser son congĂ© Ă moi qui le demande, comme sâil ne mâĂ©tait pas dĂ» ! LA COMTESSE Badin ! LE CHEVALIER TiĂšde amante ! LA COMTESSE Petit tyran LE CHEVALIER CĆur rĂ©voltĂ©, vous rendrez-vous ? LA COMTESSE Je ne saurais, mon cher Chevalier ; jâai quelques raisons pour en agir plus honnĂȘtement avec lui. LE CHEVALIER Des raisons, Madame, des raisons ! et quâest-ce que câest que cela ? LA COMTESSE Ne vous alarmez point ; câest que je lui ai prĂȘtĂ© de lâargent. LE CHEVALIER Eh bien ! vous en aurait-il fait une reconnaissance quâon nâose produire en justice ? LA COMTESSE Point du tout ; jâen ai son billet. LE CHEVALIER Joignez-y un sergent ; vous voilĂ payĂ©e. LA COMTESSE Il est vrai ; mais⊠LE CHEVALIER HĂ©, hĂ©, voilĂ un mais qui a lâair honteux. LA COMTESSE Que voulez-vous donc que je vous dise ? Pour mâassurer cet argent-lĂ , jâai consenti que nous fissions lui et moi un dĂ©dit de la somme. LE CHEVALIER Un dĂ©dit, Madame ! Ha câest un vrai transport dâamour que ce dĂ©dit-lĂ , câest une faveur. Il me pĂ©nĂštre, il me trouble, je ne suis pas le maĂźtre. LA COMTESSE Ce misĂ©rable dĂ©dit ! pourquoi faut-il que je lâaie fait ? VoilĂ ce que câest que ma facilitĂ© pour un homme haĂŻssable, que jâai toujours devinĂ© que je haĂŻrais ; jâai toujours eu certaine antipathie pour lui, et je nâai jamais eu lâesprit dây prendre garde. LE CHEVALIER Ah ! Madame, il sâest bien accommodĂ© de cette antipathie-lĂ ; il en a fait un amour bien tendre ! Tenez, Madame, il me semble que je le vois Ă vos genoux, que vous lâĂ©coutez avec un plaisir, quâil vous jure de vous adorer toujours, que vous le payez du mĂȘme serment, que sa bouche cherche la vĂŽtre, et que la vĂŽtre se laisse trouver ; car voilĂ ce qui arrive ; enfin je vous vois soupirer ; je vois vos yeux sâarrĂȘter sur lui, tantĂŽt vifs, tantĂŽt languissants, toujours pĂ©nĂ©trĂ©s dâamour, et dâun amour qui croĂźt toujours. Et moi je me meurs ; ces objets-lĂ me tuent ; comment ferai-je pour le perdre de vue ? Cruel dĂ©dit, te verrai-je toujours ? Quâil va me coĂ»ter de chagrins ! Et quâil me fait dire de folies ! LA COMTESSE Courage, Monsieur ; rendez-nous tous deux la victime de vos chimĂšres ; que je suis malheureuse dâavoir parlĂ© de ce maudit dĂ©dit ! Pourquoi faut-il que je vous aie cru raisonnable ? Pourquoi vous ai-je vu ? Est-ce que je mĂ©rite tout ce que vous me dites ? Pouvez-vous vous plaindre de moi ? Ne vous aimĂ©-je pas assez ? LĂ©lio doit-il vous chagriner ? Lâai-je aimĂ© autant que je vous aime ? OĂč est lâhomme plus chĂ©ri que vous lâĂȘtes ? plus sĂ»r, plus digne de lâĂȘtre toujours ? Et rien ne vous persuade ; et vous vous chagrinez ; vous nâentendez rien ; vous me dĂ©solez. Que voulez-vous que nous devenions ? Comment vivre avec cela, dites-moi donc ? LE CHEVALIER Le succĂšs de mes impertinences me surprend. Câen est fait, Comtesse ; votre douleur me rend mon repos et ma joie. Combien de choses tendres ne venez-vous pas de me dire ! Cela est inconcevable ; je suis charmĂ©. Reprenons notre humeur gaie ; allons, oublions tout ce qui sâest passĂ©. LA COMTESSE Mais pourquoi est-ce que je vous aime tant ? Quâavez-vous fait pour cela ? LE CHEVALIER HĂ©las ! moins que rien ; tout vient de votre bontĂ©. LA COMTESSE Câest que vous ĂȘtes plus aimable quâun autre, apparemment. LE CHEVALIER Pour tout ce qui nâest pas comme vous, je le serais peut ĂȘtre assez ; mais je ne suis rien pour ce qui vous ressemble. Non, je ne pourrai jamais payer votre amour ; en vĂ©ritĂ©, je nâen suis pas digne. LA COMTESSE Comment donc faut-il ĂȘtre fait pour le mĂ©riter ? LE CHEVALIER Oh ! voilĂ ce que je ne vous dirai pas. LA COMTESSE Aimez-moi toujours, et je suis contente. LE CHEVALIER Pourrez-vous soutenir un goĂ»t si sobre ? LA COMTESSE Ne mâaffligez plus et tout ira bien. LE CHEVALIER Je vous le promets ; mais, que LĂ©lio sâen aille. LA COMTESSE Jâaurais. souhaitĂ© quâil prĂźt son parti de lui-mĂȘme, Ă cause du dĂ©dit ; ce serait dix mille Ă©cus que je vous sauverais, Chevalier ; car enfin, câest votre bien que je mĂ©nage. LE CHEVALIER PĂ©rissent tous les biens du monde, et quâil parte ; rompez avec lui la premiĂšre, voilĂ mon bien. LA COMTESSE Faites-y rĂ©flexion. LE CHEVALIER Vous hĂ©sitez encore, vous avez peine Ă me le sacrifier ! Est-ce lĂ comme on aime ? Oh ! quâil vous manque encore de choses pour ne laisser rien Ă souhaiter Ă un homme comme moi. LA COMTESSE Eh bien ! il ne me manquera plus rien, consolez-vous. LE CHEVALIER Il vous manquera toujours pour moi. LA COMTESSE Non ; je me rends ; je renverrai LĂ©lio, et vous dicterez son congĂ©. LE CHEVALIER Lui direz-vous quâil se retire sans cĂ©rĂ©monie ? LA COMTESSE Oui. LE CHEVALIER Non, ma chĂšre Comtesse, vous ne le renverrez pas. Il me suffit que vous y consentiez ; votre amour est Ă toute Ă©preuve, et je dispense votre politesse dâaller plus loin ; câen serait trop ; câest Ă moi Ă avoir soin de vous, quand vous vous oubliez pour moi. LA COMTESSE Je vous aime ; cela veut tout dire. LE CHEVALIER Mâaimer, cela nâest pas assez, Comtesse ; distinguez-moi un peu de LĂ©lio ; Ă qui vous lâavez dit peut-ĂȘtre aussi. LA COMTESSE Que voulez-vous donc que je vous dise ? LE CHEVALIER Un je vous adore ; aussi bien il vous Ă©chappera demain ; avancez-le-moi dâun jour ; contentez ma petite fantaisie, dites. LA COMTESSE Je veux mourir, sâil ne me donne envie de le dire. Vous devriez ĂȘtre honteux dâexiger cela, au moins. LE CHEVALIER Quand vous me lâaurez dit, je vous en demanderai pardon. LA COMTESSE Je crois quâil me persuadera. LE CHEVALIER Allons, mon cher amour, rĂ©galez ma tendresse de ce petit trait-lĂ ; vous ne risquez rien avec moi ; laissez sortir ce mot-lĂ de votre belle bouche ; voulez-vous que je lui donne un baiser pour lâencourager ? LA COMTESSE Ah çà ! laissez-moi ; ne serez-vous jamais content ? Je ne vous plaindrai rien quand il en sera temps. LE CHEVALIER Vous ĂȘtes attendrie, profitez de lâinstant ; je ne veux quâun mot ; voulez-vous que je vous aide ? dites comme moi Chevalier, je vous adore. LA COMTESSE Chevalier, je vous adore. Il me fait faire tout ce quâil veut. LE CHEVALIER Ă part. Mon sexe nâest pas mal faible. Haut. Ah ! que jâai de plaisir, mon cher, amour ! Encore une fois. LA COMTESSE Soit ; mais ne me demandez plus rien aprĂšs. LE CHEVALIER HĂ© que craignez-vous que je vous demande ? LA COMTESSE Que sais-je, moi ? Vous ne finissez point. Taisez-vous LE CHEVALIER JâobĂ©is ; je suis de bonne composition, et jâai pour vous un respect que je ne saurais violer. LA COMTESSE Je vous Ă©pouse ; en est-ce assez ? LE CHEVALIER Bien plus quâil ne me faut, si vous me rendez justice. LA COMTESSE Je suis prĂȘte Ă vous jurer une fidĂ©litĂ© Ă©ternelle, et je perds les dix mille Ă©cus de bon cĆur. LE CHEVALIER Non, vous ne les perdrez point, si vous faites ce que je vais vous dire. LĂ©lio viendra certainement vous presser dâopter entre lui et moi ; ne manquez pas de lui dire que vous consentez Ă lâĂ©pouser. Je veux que vous le connaissiez Ă fond ; laissez-moi vous conduire, et sauvons le dĂ©dit ; vous verrez ce que câest que cet homme-lĂ . Le voici, je nâai pas le temps de mâexpliquer davantage. LA COMTESSE Jâagirai comme vous le souhaitez. ScĂšne VIIModifier LĂLIO, LA COMTESSE, LE CHEVALIER LĂLIO Permettez, Madame, que jâinterrompe pour un moment votre entretien avec Monsieur. Je ne viens point me plaindre, et je nâai quâun mot Ă vous dire. Jâaurais cependant un assez beau sujet de parler, et lâindiffĂ©rence avec laquelle vous vivez avec moi, depuis que Monsieur, qui ne me vaut pas⊠LE CHEVALIER Il a raison. LĂLIO Finissons. Mes reproches sont raisonnables ; mais je vous dĂ©plais ; je me suis promis de me taire ; et je me tais, quoi quâil mâen coĂ»te. Que ne pourrais-je pas vous dire ? Pourquoi me trouvez-vous haĂŻssable ? Pourquoi me fuyez-vous ? Que vous ai-je fait ? Je suis au dĂ©sespoir. LE CHEVALIER Ah, ah, ah, ah, ah. LĂLIO Vous riez, Monsieur le Chevalier ; mais vous prenez mal votre temps, et je prendrai le mien pour vous rĂ©pondre. LE CHEVALIER Ne te fĂąche point, LĂ©lio. Tu nâavais quâun mot Ă dire, quâun petit mot ; et en voilĂ plus de cent de bon compte et rien ne sâavance ; cela me rĂ©jouit. LA COMTESSE Remettez-vous, LĂ©lio, et dites-moi tranquillement ce que vous voulez. LĂLIO Vous prier de mâapprendre qui de nous deux il vous plaĂźt de conserver, de Monsieur ou de moi. Prononcez, Madame ; mon cĆur ne peut plus souffrir dâincertitude. LA COMTESSE Vous ĂȘtes vif, LĂ©lio ; mais la cause de votre vivacitĂ© est pardonnable, et je vous veux plus de bien que vous ne pensez. Chevalier, nous avons jusquâici plaisantĂ© ensemble, il est temps que cela finisse ; vous mâavez parlĂ© de votre amour, je serais fĂąchĂ©e quâil fut sĂ©rieux ; je dois ma main Ă LĂ©lio, et je suis prĂȘte, Ă recevoir la sienne. Vous plaindrez-vous encore ? LĂLIO Non, Madame, vos rĂ©flexions sont Ă mon avantage ; et si jâosais⊠LA COMTESSE Je vous dispense de me remercier, LĂ©lio ; je suis sĂ»re de la joie que je vous donne. Ă part.. Sa contenance est plaisante. UN VALET VoilĂ une lettre quâon vient dâapporter de la poste, Madame. LA COMTESSE Donnez. Voulez-vous bien que je me retire un moment pour la lire ? Câest de mon frĂšre. ScĂšne VIIIModifier LĂLIO, LE CHEVALIER LĂLIO Que diantre signifie cela ? elle me prend au mot ; que dites-vous de ce qui se passe lĂ ? LE CHEVALIER Ce que jâen dis ? rien ; je crois que je rĂȘve, et je tĂąche de me rĂ©veiller. LĂLIO Me voilĂ en belle posture, avec sa main quâelle mâoffre, que je lui demande avec fracas, et dont je ne me soucie point. Mais ne me trompez-vous point ? LE CHEVALIER Ah, que dites-vous lĂ ! je vous sers loyalement, ou je ne suis pas soubrette. Ce que nous voyons lĂ peut venir dâune chose pendant que nous nous parlions, elle me soupçonnait dâavoir quelque inclination Ă Paris ; je me suis contentĂ© de lui rĂ©pondre galamment lĂ -dessus ; elle a tout dâun coup pris son sĂ©rieux ; vous ĂȘtes entrĂ© sur le champ ; et ce quâelle en fait nâest sans doute quâun reste de dĂ©pit, qui va se passer ; car elle mâaime. LĂLIO Me voilĂ fort embarrassĂ©. LE CHEVALIER Si elle continue Ă vous offrir sa main, tout le remĂšde que jây trouve, câest de lui dire que vous lâĂ©pouserez, quoique vous ne lâaimiez plus. Tournez-lui cette impertinence-lĂ dâune maniĂšre polie ; ajoutez que, si elle ne veut pas le dĂ©dit sera son affaire. LĂLIO Il y a bien du bizarre dans ce que tu me proposes lĂ . LE CHEVALIER Du bizarre ! Depuis quand ĂȘtes-vous si dĂ©licat ? Est-ce que vous reculez pour un mauvais procĂ©dĂ© de plus qui vous sauve dix mille Ă©cus ? Je ne vous aime plus, Madame, cependant je veux vous Ă©pouser ; ne le voulez-vous pas ? payer le dĂ©dit ; donnez-moi votre main ou de lâargent. VoilĂ tout. ScĂšne IXModifier LĂLIO, LA COMTESSE, LE CHEVALIER LA COMTESSE LĂ©lio, mon frĂšre ne viendra pas si tĂŽt. Ainsi, il nâest plus question de lâattendre, et nous finirons quand vous voudrez. LE CHEVALIER, bas Ă LĂ©lio. Courage ; encore une impertinence, et puis câest tout. LĂLIO Ma foi, Madame, oserais-je vous parler franchement ? Je ne trouve plus mon cĆur dans sa situation ordinaire. LA COMTESSE Comment donc ! expliquez-vous ; ne mâaimez-vous plus ? LĂLIO Je ne dis pas cela tout Ă fait ; mais mes inquiĂ©tudes ont un peu rebutĂ© mon cĆur. LA COMTESSE Et que signifie donc ce grand Ă©talage de transports que vous venez de me faire ? Quâest devenu votre dĂ©sespoir ? NâĂ©tait-ce quâune passion de théùtre ? Il semblait que vous alliez mourir, si je nây avais mis ordre. Expliquez-vous, Madame ; je nâen puis plus, je souffre⊠LĂLIO Ma foi, Madame, câest que je croyais que je ne risquerais rien, et que vous me refuseriez. LA COMTESSE Vous ĂȘtes un excellent comĂ©dien ; et le dĂ©dit, quâen ferons-nous, Monsieur ? LĂLIO Nous le tiendrons, Madame ; jâaurai lâhonneur de vous Ă©pouser. LA COMTESSE Quoi donc ! vous mâĂ©pouserez, et vous ne mâaimez plus ! LĂLIO Cela nây fait de rien, Madame ; cela ne doit pas vous arrĂȘter. LA COMTESSE Allez, je vous mĂ©prise, et ne veux point de vous. LĂLIO Et le dĂ©dit, Madame, vous voulez donc bien lâacquitter ? LA COMTESSE Quâentends-je, LĂ©lio ? OĂč est la probitĂ© ? LE CHEVALIER Monsieur ne pourra guĂšre vous en dire des nouvelles ; je ne crois pas quâelle soit de sa connaissance. Mais il nâest pas juste quâun misĂ©rable dĂ©dit vous brouille ensemble ; tenez, ne vous gĂȘnez plus ni lâun ni lâautre ; le voilĂ rompu. Ha, ha, ha. LĂLIO Ah, fourbe ! LE CHEVALIER Ha, ha, ha, consolez-vous, LĂ©lio ; il vous reste une demoiselle de douze mille livres de rente ; ha, ha ! On vous a Ă©crit quâelle Ă©tait belle ; on vous a trompĂ©, car la voilĂ ; mon visage est lâoriginal du sien. LA COMTESSE Ah juste ciel ! LE CHEVALIER Ma mĂ©tamorphose nâest pas du goĂ»t de vos tendres sentiments, ma chĂšre Comtesse. Je vous aurais menĂ© assez loin, si jâavais pu vous tenir compagnie ; voilĂ bien de lâamour de perdu ; mais, en revanche, voilĂ une bonne somme de sauvĂ©e ; je vous conterai le joli petit tour quâon voulait vous jouer. LA COMTESSE Je nâen connais point de plus triste que celui que vous me jouez vous-mĂȘme. LE CHEVALIER Consolez-vous vous perdez dâaimables espĂ©rances, je ne vous les avais donnĂ©es que pour votre bien. Regardez le chagrin qui vous arrive comme une petite punition de votre inconstance ; vous avez quittĂ© LĂ©lio moins par raison que par lĂ©gĂšretĂ©, et cela mĂ©rite un peu de correction. Ă votre Ă©gard, seigneur LĂ©lio, voici votre bague. Vous me lâavez donnĂ©e de bon cĆur, et jâen dispose en faveur de Trivelin et dâArlequin. Tenez, mes enfants, vendez cela, et partagez-en lâargent. TRIVELIN etARLEQUIN Grand merci ! TRIVELIN Voici les musiciens qui viennent vous donner la fĂȘte quâils ont promise. LE CHEVALIER Voyez-la, puisque vous ĂȘtes ici. Vous partirez aprĂšs ; ce sera toujours autant de pris. DIVERTISSEMENTModifier Cet amour dont nos cĆurs se laissent enflammer, Ce charme si touchant, ce doux plaisir dâaimer Est le plus grand des biens que le ciel nous dispense. Livrons-nous donc sans rĂ©sistance Ă lâobjet qui vient nous charmer. Au milieu des transports dont il remplit notre Ăąme, Jurons-lui mille fois une Ă©ternelle flamme. Mais nâinspire-t-il plus ces aimables transports ? Trahissons aussitĂŽt nos serments sans remords. Ce nâest plus Ă lâobjet qui cesse de nous plaire Que doivent sâadresser les serments quâon a faits, Câest Ă lâAmour quâon les fit faire, Câest lui quâon a jurĂ© de ne quitter jamais. PREMIER COUPLET. Jurer dâaimer toute sa vie, Nâest pas un rigoureux tourment. Savez-vous ce quâil signifie ? Ce nâest ni Philis, ni Silvie, Que lâon doit aimer constamment ; Câest lâobjet qui nous fait envie. DEUXIEME COUPLET. Amants, si votre caractĂšre, Tel quâil est, se montrait Ă nous, Quel parti prendre, et comment faire ? Le cĂ©libat est bien austĂšre ; Faudrait-il se passer dâĂ©poux ? Mais il nous est trop nĂ©cessaire. TROISIEME COUPLET. Mesdames, vous allez conclure Que tous les hommes sont maudits ; Mais doucement et point dâinjure ; Quand nous ferons votre peinture, Elle est, je vous en avertis, Cent fois plus drĂŽle, je vous jure.
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InterprĂštes Ă donner de ce que lâon a / Rien ne se perd / De ce quâon nâavait guĂšre / Ă donner de ce que lâon a / Rien nâest perdu / De ce quâon nâavait pas / Bonjour et bonsoir / Comment allez-vous? / Excusez, M⊠à lâenvers de nos corps, Ă lâenvers de nos Ăąmes / Une monde existe encore oĂč nous irons demain / Ă lâenvers de nos pas, Ă lâenvers de nos danses / Il tourne une planĂšte oĂč nous avons chemins / / Ă lâ⊠Un et deux / Font du feu / Trois et quatre / Vont se battre / Cinq et six / JusquâĂ dix / Sept, huit, neuf / Pour un oeuf / Dix et onze / OEuf de bronze / Douze et treize / OEuf de braise / Quinze Ă v⊠Ah! que lâhiver tarde Ă passer / Quand on le passe Ă la fenĂȘtre / Avec des si et des peut-ĂȘtre / Et des vaut mieux pas y penser / Lâhomme est parti pour travailler / La femme est seule, seule, seule /⊠Amour est un beau langage / Me faut lâapprendre / On dit que jâen pleurerai / Je lâapprendrai / Celui que jâaime / Ou que je nâaime pas / Je ne sais pas / Je crois quâil mâaime / Un jour, en marchant ⊠à Benjamin / Sortir de sa cage / Et trouver sa voix / Câest un long voyage / Arriver chez soi / Voici que ton pied sâamĂšne / Sur la trace de nos pas / La vieille dĂ©marche humaine / Ne change pas / Ave⊠Ainsi que lâont fait nos ancĂȘtres / Nos petits-enfants partiront / Câest dans lâespoir de se connaĂźtre / Quâon tourne en rond / On fait des pas, des mots, des gestes / On chante pour cacher sa peur / ⊠Au doux milieu de vous / Que ma chanson soit belle / Et quâelle vous rappelle / Nos premiers rendez-vous / Au doux milieu de vous / Le lac noir du silence / Aux plages que je pense / Le temps se tient⊠Pour toutes les fois que je ne tâai pas dit / Je tâaime / Pour toutes les fois oĂč je me suis trahi / Moi-mĂȘme / Pour toutes les fois que le silence, autour de toi / Prenait ma voix / Pour tous ces mot⊠Un jour tu trouveras, cachĂ© dans ma chanson / Chemin qui mĂšne Ă petite maison / Une hirondelle / Mâa parlĂ© dâelle / La clef, entre les mots pierre et caillou cachĂ©e / Elle est un peu par le temps doux⊠Au jardin de mon pĂšre / LâĂ©tait un gros ballon / Au jardin de mon pĂšre / LâĂ©tait un gros ballon / Tout rond comme la terre / En vert et bleu profond / Sous le pont / Danse et ris, mon compĂšre / Les be⊠Au loin sur lâeau grise oĂč le jour va finir / Au grĂ© des courants, une barque tangue / Le vent est tombĂ© depuis tĂŽt le matin / La mer, câest la mer, et le port est lointain / Il reste une rame, accroc⊠Autant le temps me presse, autant le temps me pĂšse / Un soir dâautomne en moi ne sâen va quâĂ demi / Et je nâai plus dâamour et je nâai plus dâami / Soudain qui ne me soit pluie et vent et falaise / ⊠Avec les vieux mots / Les anciennes rimes / Jâarrive trop tĂŽt / Jâarrive trop tard / Jâarrive trop tĂŽt / Pour casser la lime / Jâarrive trop tard / Pour prendre ma part / Ma part câĂ©tait toi / Ma part⊠Avec nos mots, nos jeux, nos travaux et nos danses / Nos joies et nos chagrins aussi / Quatre cents ans de foi, dâamour et dâespĂ©rance / Avec ceux qui vivaient ici / Nos miroirs et nos diffĂ©rences / N⊠Avec un bout de bois / Et deux bouts de ficelle / Trois clous / Quatre coups / De marteau sur les doigts / Cinq jurons, six gros mots / Sept oeillets de bottines / Pour les oeillets de voile / Huit he⊠Avez-vous des sous? / Jâen ai trois qui sonnent / Pour une personne / Que jâaime beaucoup / Coucou! / La connaissez-vous? / Câest une mignonne / La connaissez-vous? / Câest vous! / Câest le vieux Pipo⊠Jâavais dix ans lorsque mon pĂšre / Nous a laissĂ©s / La vie, câest une forĂȘt dâmisĂšre / Ă traverser / Mon frĂšre est parti, militaire / Ma soeur est entrĂ©e au couvent / Ă la pâtite voile, faut toujours ⊠Passez le seuil de la saison / Passez le champ de marguerites / Passez ruisseau, passez maison / Passez la riviĂšre et la truite / Passez le pont, passez le bois / Et si la mousse vous mĂ©rite / Dormez-⊠Il sâest fait long de temps perdu / Il est tombĂ© beaucoup de rimes / Ă dire ce quâon aurait dĂ» / Perdre ou garder de cette escrime / OĂč le poĂšte hautain nâarrime / Aujourdâhui que bien peu de vers / Q⊠Câest monsieur de la Misaine / Il dit quâil est capitaine / Mais moi, jâai vu son bateau / Naviguer dans le ruisseau / Barati, baratin, haut-fond / Un haut-fond dans son jardin / Câest monsieur de Car⊠Beau voyageur, tu me viens, tu mâarrives / Avec ton sac de pays sur ton dos / Je tâattendais, ni triste, ni naĂŻve / Tu peux te taire et prendre ton repos / Tu me diras des nouvelles du monde / Dans to⊠Tu peux dormir, le vent nous veille / Le vent qui va, qui vient dehors / Son nid bercĂ©, lâaiglon sommeille / Ton cheval dort, ton canard dort / Dans la maison de ton oreille / Un vieux rouet plein de ⊠Le nuage est au grĂ© du vent / Et la feuille au grĂ© du courant / Ton coeur parle du temps qui fuit / Sur les eaux de la nuit / Comme au grĂ© de lâamour, lâenfant / Le nuage est au grĂ© du vent / Reste en⊠Pour Marion qui sommeille / Le faiseur de rĂȘves est prĂȘt / Un grand navire appareille / Pour des rivages secrets / Moussaillon Marion / Va faire un joli voyage / Marion moussaillon / Fend le rĂȘve⊠nou⊠Berlu sâen va chez le marchand / Berlu sâen va chez le marchand / Pour acheter du pain, du beurre / De la farine et du sel fin / De la mĂ©lasse et des oranges / Du thĂ©, du sucre pis des raisins / Faut ⊠Natashquan, câest un village / CĂŽtĂ© nord du Saint-Laurent / Câest au bout dâun beau voyage / Qui raconte et qui surprend / Ă la voile ou en voiture / Câest un dĂ©part pour ailleurs / Et ça reste une av⊠Je perdrais lâeau de ma riviĂšre / Si jâen parlais / Le caillou se refait poussiĂšre / Quand il lui plaĂźt / Mais si ton Ăąme sâappareille / Ă cause de mon peu de bruit / Navigue au coeur et Ă lâoreille /⊠C est le vieux Pipo / Qui a grand peur de lâeau / Il a un bateau / Grand comme un sabot / Câest beau! / / A fait sa misaine / Avec un mouchoir / Ă la mĂšre Germaine / Ils sâen vont ce soir / Bonsoir!⊠Le jour de ses quatre-vingt-six ans / Caillou sortait du havre / Tous ses enfants le suivaient en disant / Câest pas lânordet qui lânavre / / RamĂšne ta barge Ă terre, Caillou / Caillou Lapierre / Ram⊠Papa, pourrais-tu me faire une maison? / Câest pour mon ourson / Depuis un mois quâil me demande / Ce nâest pas pour moi / Ce nâest pas pour moi / Moi, jâaime mieux dormir chez toi / Ce nâest pas pour⊠Je dis que tout est paysage / Quâon ne voit point dessous le champ / Les racines font des voyages / Qui mĂȘlent la sĂšve et le sang / Si jâai mal compris mon feuillage / Ce nâest point la faute du vent ⊠Chacun fait selon sa façon / Moi, je fais encor des chansons / Des chansons pour vos sommeils / Des chansons pour vos rĂ©veils / Des chansons pour apprivoiser la nuit / Des chansons pour le matin / Des⊠Cette chanson pour ceux que je nâai pas nommĂ©s / Moi qui croyais nommer ton village et ta ville / Ceux qui sâen vont dâun pas que lâon dirait docile / En chemins fermĂ©s / Les derniers arrivĂ©s que je n⊠Lâhiver / Loin dans la plaine / PromĂšne / Ses courants dâair / Lâenvers / De tant dâattente / Invente / Un arbre vert / Le temps sâĂ©tale / Sur des jours pĂąles / Sans une escale / Au ciel couvert / Lâh⊠Il nây a plus de temps Ă perdre / Il nây a que du temps perdu / Touche mes mains, calme mes lĂšvres / Couche tes pieds tout prĂšs des miens / Marche et marche et neige au loin / Cherche et cherche, on a⊠Quel est donc ce langage / Qui fait que je tâentends / Qui fait que je tâattends / Comme animal en cage? / Dans la prison des mots / Qui nous dĂ©sappareillent / On frappe Ă mon oreille / Avec un bruit ⊠On nâa, pour nommer lâespace / Quâun pas qui passe / De lâeau Ă lâeau / Je ne suis quâun mot qui danse / Sur ton silence / Comme un canot / Le canot de mon grand-pĂšre / Nâavait que deux avirons / Pour⊠Chaque fois quâun enfant pleure / Je suis prĂšs, tout prĂšs de lui / Chaque fois quâun ruisseau meurt / Je suis le fleuve et le puits / Chaque fois que vent les vente / Je suis la fleur et le fruit / Ch⊠Avant dâaller Ă lâĂ©cole / Iâ connaissait mot Ă mot / Des chansons oĂč caracolent / Des chevaux / Grattait dĂ©jĂ la guitare / Jouait dĂ©jĂ du lasso / Avec des vieux bouts dâamarre / Charlie-Jos / SitĂŽt fi⊠Chemin faisant / Le temps qui passe / A pris la place / De mes seize ans / Mon pas plus lent / Nâest pas moins leste / Mais plus modeste / Chemin faisant / Aux premiers jours de ma route / Mon pied ba⊠Combien de fois faut-il parler dâamour? / Combien de temps faut-il vivre? / Combien de fois ses chemins faut-il suivre / Pour quâil demeure Ă lâentour? / Combien de nuits, combien de jours / Combien d⊠Comment vous donner des nouvelles? / Je suis allĂ© voir la maison / Jâai vu de lâor dans les poubelles / De la saison / Dans le petit bois du bonhomme / Un sapin que jâai connu vert / Est devenu gris c⊠Sans bĂątir de cage / Sans remords au coeur / Sans casser de branches / Sans cueillir de fleurs / / Comment, comment dire Ă ma mie / Amour que jâai pour elle? / Comment, comment dire Ă ma belle / Chag⊠Lundi / Un mouton, deux moutons blancs / Sâen vont traverser le champ / Des moutons de porcelaine / Avec des sabots de laine / Un mouton, deux moutons blancs / Sâen vont traverser le champ / / Mardi ⊠Pour MaĂ«lle et Julie / Quel que soit ton Ăąge / Tu es en voyage / Quel que soit ton nom / Mille autres le font / En cherchant ta place / Tu trouves lâespace / En cherchant ton rang / Tu trouves le temp⊠Comme je lâai dit Ă mon fils / Coyote Bill est un mĂ©tis / NĂ© dâun chef abĂ©naquis / Et dâla femme dâon sait pas qui / Câest Ă©crit dans son profil⊠Coyote Bill / Câest Ă©crit dans son profil⊠Coyote Bill⊠Dans la nuit des mots / Jâai dit de la vie / De lâĂąme et du corps / De lâhomme et du loup / De lâair et de lâeau / De tout ce qui crie / Mais si peu de vous / Mais si peu de vous / Je ne sais pas bien⊠DĂ©vorer des kilomĂštres / Cela fait passer le temps / Je lâai vu par la fenĂȘtre / Qui marchait au bout du champ / Mais le temps connaĂźt son maĂźtre / Il le suit partout au pas / On le prend pour un ancĂȘ⊠Doux vos yeux, doux / Sur ma tristesse / Qui sâintĂ©resse / Ă tout de vous / Je mâappareille / Ă vous fĂȘter / Vos deux oreilles / Doivent tinter / Sur ma jeunesse / Doux vos yeux, doux / / Lents vos d⊠Comme arc-en-ciel entre soleil et pluie / Comme grand-voile entre rade et partir / Comme lâĂ©cho entre lac et montagne / Du soir jusquâĂ lâaube et dâici Ă loin / Je me dis adieu mais ne mâen vais point⊠Encore une chanson dâamour / Croyez-vous cette lampe Ă©teinte? / Câest la mĂȘme cloche qui tinte / Dans le clocher des anciens jours / Encore une chanson dâamour / / Il a neigĂ© trois fois la hauteur de⊠Entre musique et poĂ©sie / Entre prescience et nostalgie / Entre espoir et mĂ©lancolie / Entre la corde et lâarcanson / Entre le cri et la parole / Entre le ruisseau et lâĂ©cole / Est nĂ©e un jour la sage⊠Je ne sais quel vent / Jâaurai dans ma voile / Je ne sais quel jour / On mâappellera / Mais en attendant / Je taille la toile / Je marche Ă lâĂ©toile / Sans compter mes pas / Je ne sais quel feu / Lave⊠Faire un bateau / Ăa prend des connaissances / Un peu dâexpĂ©rience / Et des matĂ©riaux / Mais, par la baleine en bigoudis / Le premier outil / Câest la patience / Du bois dur et du bois mou / Des rivet⊠Dans tout QuĂ©bĂ©cois / Un homme sommeille / Qui prĂ©tend quâiâ veille / Sans lever le doigt / Moi jâprĂ©tends quâiâ dort / Faut que jâle rĂ©veille / Faut que jâle rĂ©veille / Avant dâmâendormir / Moi jâpré⊠Fer et titane / Sous les savanes / Du nickel, du cuivre / Et tout câqui doit suivre / Capital et mĂ©tal / Les milliards et les parts / Nous avons la jeunesse / Et les bras pour bĂątir / Nous avons, le t⊠Gens du pays, câest votre tour / De vous laisser parler dâamour / Gens du pays, câest votre tour / De vous laisser parler dâamour / / Le temps que lâon prend pour dire Je tâaime / Câest le seul qui r⊠Quand elle est partie en ville / La trop belle Laurelou / Quand elle est partie en ville / Gros Pierre est restĂ© chez nous / / Ti deli dam didelam didelou / Ti deli dam didelam dame li doux / / Il s⊠Quand nous nous sommes reconnus / Il nây avait point de riviĂšre / Point de lune, point de tonnelle / Point de rime en our ni en elle / La terre et le ciel Ă©taient nus / Quand nous nous sommes reconnus⊠Ailleurs le monde est doux / Lâair est meilleur, et de partout / Coulent des fleuves dâor et de musique / Ailleurs dormir, mon coeur tragique / Ailleurs est Ă lâenvers de nous / / Au loin jâentends c⊠Il est quatre heures / Le jour est gris / Je nâai pas pris le temps de vivre, et câest la nuit / Un train qui pleure / Va loin dâici / Les gens sâen vont voir si le rĂȘve est dans leur lit / Et câest l⊠Il me reste un pays Ă te dire / Il me reste un pays Ă nommer / Il est au trĂ©fonds de toi / Nâa ni prĂ©sident ni roi / Il ressemble au pays mĂȘme / Que je cherche au coeur de moi / / VoilĂ le pays que j⊠Il y a quelque chose / Entre la montagne et moi / Ces cheminĂ©es roses / Ces fenĂȘtres closes / Ces ciments moroses / Ont mis leur effroi / Entre la montagne et moi / / Il y a quelque chose / Entre le ⊠Solitaire / Je me terre / Sous la terre / De mes mots / La console / Qui mâisole / Se dĂ©sole / Ă huis clos / Le temps dâun mot de passe Ă la portĂ©e du doigt / Et me voici tournant autour de ma planĂšte⊠Jâai levĂ© le pied / Pour entrer en danse / Jâai levĂ© le pied / Perdu mon soulier / Jâai battu des mains / Jâai fermĂ© les yeux / Mon soulier perdu / Nâest pas revenu / Jâai levĂ© le pied / Pour entrer e⊠Jâai mal Ă la terre / Mal aux ocĂ©ans / Mal Ă mes artĂšres / Aux poissons dedans / Mon ventre nâest plus quâun cratĂšre / GĂ©ant / BĂ©ant / Jâai mal Ă la terre / Le fond du pĂ©trolier est sale / Il faudra n⊠Jâai plantĂ© un chĂȘne / Au bout de mon champ / Ce fut ma semaine / Perdrerai-je ma peine? / Jâai plantĂ© un chĂȘne / Au bout de mon champ / Perdrerai-je ma peine? / Perdrerai-je mon temps? / / Lâamour e⊠Jâai rentrĂ© le bois, mis le contrevent / Le froid peut coller son nez sur la porte / Il nâentrera pas, la place est trop forte / Lâamour est dedans, lâamour est dedans / / Le merle sâest tu, la cigal⊠Jâai un pays Ă creuser, Ă construire / Jâai un jardin Ă planter dans lâhiver / Il est trop froid Ă chauffer, je le brĂ»le / Il est trop long Ă trouver, je le perds / / Jâai du bĂ©ton, du verre et puis ⊠Jack Tatoo, câest mon nom pour en dâdans / Jâai perdu mon vrai nom Ă dix ans / Pour un beau tatouage⊠au primaire / Ils mâont mis Ă la porte de lâAccueil / Un foyer oĂč mâavait mis ma mĂšre / Quand je l⊠Je chante pour ne pas courir / Je chante pour ne pas mourir / / Pour oublier que mon chemin / Ne va pas plus loin que ma main / Pour oublier que lâescalier / Nâest pas plus haut que mon soulier / Et ⊠Je demeure oĂč lâamour loge / Jây retourne Ă chaque pas / Le temps nâest pas dans lâhorloge / Mais dans votre coeur qui bat / / Câest bien un coeur qui mâappelle / Je ne sais pas depuis quand / Sa mĂ©l⊠Je mâennuie dâun pays qui nâest pas loin dâici / Je mâennuie dâun pays qui nâest pas / Je mâennuie dâun pays qui nâest pas aujourdâhui / Je mâennuie dâun pays qui sera / / Ainsi parlait un voyageur /⊠Dans la nuit des jours sans paroles / Dans lâennui des projets fermĂ©s / Et lâoubli des mots qui consolent / Je nâai pas cessĂ© de tâaimer / Je nâai pas cessĂ© de tâaimer / Au beau jeu dâun autre langage⊠Je ne dirai plus Je vous aime / Je ne dirai plus Pour toujours / Je lâai tant dit aux alentours / Je lâai dit Ă lâAmour lui-mĂȘme / Je ne dirai plus Je vous aime / / Je dirai que la mer est haute / Je⊠Je viens dâĂ©crire une lettre / AdressĂ©e Ă moi, prends-la / Pour me la remettre / Tu voyageras / Mon enfant, mon frĂšre / Pour me la remettre / Tu voyageras / / Je suis restĂ© Ă ma porte / Au bout de me⊠Te voilĂ muet / Mon cousin, mon frĂšre / Jean Bourgeois, mon camarade / Tu parlais, tu es muet / VoilĂ ce qui est / Quâest-ce donc que câest / Mon cousin, mon frĂšre / Jean Bourgeois, mon camarade / Quâ⊠Quand Jean du Sud sâĂ©tait mis dans la tĂȘte / Dâaller chasser sur lâĂźle Anticosti / Le swell du large annonçait une tempĂȘte / Mais Jean du Sud Ă©tait dĂ©jĂ parti / Appareille / Mets deux ris dans la voil⊠Quand les bateaux sâmontraient lânez dans la baie / Du temps que John Ă©tait rien quâun pâtit gars / DâaprĂšs les cris pis dâaprĂšs la fumĂ©e / Lui vous disait Vient dâen haut, vient dâen bas» / Premier⊠Loin de mes pays, de mes amis, de mes amours / Se passe mon temps, sâen vont mes semaines / Seul sur des chemins qui vont au bout de mes beaux jours / Je mâen viens nommer le monde Ă mon tour / / Ă s⊠Lâarbre du temps nâest pas le hĂȘtre / Il perd ses jours au moindre vent / Chaque matin le voit renaĂźtre / Et chaque soir mourir autant / Sous les regards de ma fenĂȘtre / Il mĂȘle octobre Ă mon printemp⊠Câest un enfant qui trouvera / Les mots qui vont sauver le monde / Regardez-les faire leur ronde / Avec lâair de nâĂȘtre pas lĂ / Il arrive Ă lâhĂŽtel de ville / Il faudra bien le recevoir / Il nâest pa⊠Un enfant et un pommier / Qui parlera le premier? / Lâenfant est comme Ă lâĂ©cole / Le pommier prend la parole / Regarde-moi par la vitre / De quoi est fait ton pupitre? / Je suis ton cheval de bois / ⊠Quand je dis la pluie / Je parle de vous / Sa mĂ©lancolie / Constelle de clous / Le mur de grisaille / Sans y faire un trou / Dis-moi qui travaille / Câest un vieux hibou / Sous la pluie / / Quand je ⊠Câest un Ă©clair de juillet / LâĂ©clat vermeil dâun oeillet / Câest le soleil que lâon cueille / Entre les feuilles / Du pommier doux / / Câest la pluie sur le jardin / Ăa sent le feu et le thym / La r⊠Le bonheur voyage toujours Ă pied / Le bonheur dort au fond dâun vieux soulier / Ce sont vos bagages / Qui font nos voyages / Nous marchons toujours / Dans le lit des jours / LâĂąme sĂ©dentaire / RivĂ©e ⊠Câest un Ă©trange animal / Qui laisse aller sa folie / Entre le bien et le mal / Lâart et la mĂ©lancolie / Et qui trouve tout normal / Pourvu quâil se multiplie / Le mort lui sert de cheval / Câest un é⊠à jouer le jeu de lâhorloge / Je me suis fait calendrier / Je vous ai faite sablier / Je ne sais plus oĂč mon coeur loge / Câest comme lâĂąme au corps liĂ©e / Je ne sais plus qui jâinterroge / / Vous me⊠Lâodeur des feux de feuilles / Revient de loin / Le vent qui les recueille / Mâen soit tĂ©moin / Septembre Ă©tait un livre / OĂč je me voyais vivre / Lâautomne et le printemps / En mĂȘme temps / Lâair ple⊠Ce nuage te ressemble / Qui passe au-dessus dâici / Et qui semble / Sans souci / Sâen aller oĂč bon lui semble / Au grĂ© du vent que voici / Le vent et la mer aussi / Quand ils font lâamour ensemble / C⊠Quand ça vient lâtemps dâme faire un puits / Jâcreuse oĂč ça mâplaĂźt, quand ça me lâdit / Puis si jâme trompe / Jâmâen fous, y aura toujours de lâeau / Puis jâme fous ben des Ă©colos / Puis jâplante ma ⊠Jâai trouvĂ© ma mie en haute montagne / La lune Ă©tait ronde, le hibou, muet / En haute montagne je lây ai laissĂ©e / Ă la nuit tombante jâirai la trouver / / Ma mie a les pieds comme biche vive / Sa pe⊠Nâen veuillez pas Ă ma complainte / Qui mâest venue de lâair du temps / Plus vieille que moi de vingt ans / Câest dans ma tĂȘte quâelle tinte / Depuis longtemps / Je lâai reconnue entre maintes / / El⊠Sur le chemin de la dĂ©route / La lune ment / La moindre Ă©toile Ă©met un doute / Au firmament / Sur les chemins de la retraite / Est-ce un vieil homme qui sâarrĂȘte / Est-ce une enfant? / Ce nâest plus q⊠Samedi soir Ă Saint-Dilon / Y avait pas grand-chose Ă faire / On a dit On fait une danse / On va danser chez Bibi / On sâest trouvĂ© un violon / Un salon des partenaires / Puis lĂ la soirĂ©e commence /⊠Câest en remontant la riviĂšre / Quâon apprend le sens de lâeau / Compagnon, maĂźtre ou capitaine / Nous Ă©tions bien la soixantaine / De tout Ăąge et de tous mĂ©tiers / Ayant recommandĂ© nos Ăąmes / Le ving⊠La fleur du temps pousse Ă mon pied / Jâai beau ne pas la reconnaĂźtre / Lui fermer lâoeil et la fenĂȘtre / Lui fermer lâĂąme et le soulier / La fleur du temps pousse Ă mon pied / / La fleur du temps vi⊠Hier au soir jâĂ©tais dehors / Je regardais la lune / Elle Ă©tait en or / VĂȘtue en argent / Et parĂ©e en broderie / / La lune est tournĂ©e / Nous aurons du vent / Nous aurons gros temps, ma mie / Et du v⊠Et quand ils sont retournĂ©s / Dans la maison du Bonhomme / Il faisait beau, câĂ©tait comme / Sâil ne sâĂ©tait rien passĂ© / Les voici sur le perron / Câest toujours Sophie qui sonne / Mais il nây a plus ⊠Ătait-ce femme ou bien riviĂšre? / Ătait-ce la vie Ă la mort / MĂȘlĂ©e ainsi que lâĂąme au corps? / Laquelle chantait la premiĂšre? / CâĂ©tait la femme et la riviĂšre / Et lâamour mĂȘlĂ© Ă la mort / / Ils ont⊠Ils ont mis dans la marmite / Trois bottines dĂ©jĂ cuites / Ils ont mis dans le chaudron / Le vieux lustre du salon / Le chapeau du vieux garçon / Les oreilles du dragon / Avec trois petits cochons / T⊠La mer est un berceau qui attend / Un enfant perdu sur la terre / Et qui construit radeaux et chalands / Paquebots et voiliers et galĂšres / En rĂȘvant / Lâamour est un vaisseau qui attend / Un enfant c⊠La mĂšre Ă Maillard / Nourrit trois canards / Qui sont pas les siens / Un tien pour le mien / Le papa dâĂloi / Ălevait des oies / Câest le vieux Perras / Qui les mangera / Câest le vieil ivrogne / Qui ⊠Comme un trappeur qui retrouve le nord / Comme un pĂȘcheur qui retrouve le port / Ainsi je suis / Lorsque la nuit / LĂšve la voile et mâinvite Ă son bord / Ainsi je suis / Lorsque la nuit / LĂšve la voil⊠Jâavance des mots sur la page / Comme on avancerait des pas / Sur le sable blanc dâune plage / Que la mer ne connaĂźtrait pas / Un vol de pensĂ©es qui me frĂŽle / Sâen va sâabattre un peu plus loin / Je ⊠Pour Charlotte / La petite AdĂšle / Ătait toute seule / Avec une feuille / Et un vieux stylo⊠oh! / Elle a fait un A / Elle a fait un L / Avec un autre L / Puis tracĂ© un O / Es-tu un oiseau? / Oui, Mad⊠Avec sa lunette / La petite Annette / A vu des planĂštes / Qui nâexistent pas / Elle a des boulettes / Au bout de ses couettes / Comme la comĂšte / Quâelle a vue lĂ -bas / Mais sous sa casquette / La pet⊠Dormir auprĂšs de ma belle / Serait dormir amour / Marcher si câest avec elle / Jây marcherais mes jours / Mais vivre au loin de ma mie / Il mâest plus doux de mourir / Nâaurai mieux fait de ma vie / Q⊠Me sus lâvĂ© de bon matin / Câest pour trouver mon pays / Me sus lâvĂ© de bon matin / Câest pour trouver mon pays / / ĂtĂ© voir mon voisin / Câest mon voisin qui mâa dit / Faut quâtu dĂ©fasses ta maison⊠Ah! câĂ©tait un fameux pirate / Quâon appelait La Quille-en-Or / La face en forme de tomate / Un oeil Ă lâest, un oeil au nord / Quand il Ă©tait dans les parages / On dĂ©sertait les ocĂ©ans / On prĂ©fĂ©rait⊠En descendant la rue Saint-Jean / Jâai rencontrĂ© mon pĂšre / Qui sâen allait sur son chemin de terre / Et moi sur ton ciment / Et moi sur mon ciment / LevĂ© ma main pour lâarrĂȘter / Mais il ne me vit gu⊠La source qui fait le ruisseau / Nâen demande pas son salaire / La source qui fait le ruisseau / La source ne vend pas son eau / Le ruisseau dâentre les cailloux / Le ruisseau qui fait la riviĂšre / Qu⊠Il pleut sur des jouets rouillĂ©s / LâintĂ©rieur des enfants brĂ»le / Le nĂ©on prend des majuscules / En trois couleurs, pour bafouiller / / Le ciel est un grand dĂ©potoir / DâoĂč tombe un parfum de latrin⊠Entendez-vous la tourterelle / Dans le jardin? / Pour qui ce chant toujours fidĂšle / Mais si chagrin? / / Le Prince de Trompe-Racine / A envoyĂ© / Ses employĂ©s / Ils sont descendus dans les mines / Il⊠Sautez la passe au vent qui tombe / Montez la voile au vent qui prend / Ce sont les gens dâun village / Quâil est poli dâoublier / Cherchaient pas loin de leur plage / De quoi se dĂ©sennuyer / Ils ont ⊠Hier, jâai revu ma vieille Ă©cole / Quâon a gardĂ©e en souvenir / Un oeil qui pleure, un qui rigole / Lâenfance ne veut plus finir / Comme la neuve a pris sa place / On lâa traĂźnĂ©e au bord du bois / Seu⊠Aussi vrai que jâmâappelle Margot / Câest par quarante en bas dâzĂ©ro / Ma mĂšre mâenvoye quĂ©rir de lâeau / Dans lâpuits quâest gelĂ© suâ lâpâtit coteau / Vas-y / Câest en râgardant le pâtit oiseau / Quâ⊠Larguez les amarres / On est embarquĂ©s / Je suis Ă la barre / Câest pour naviguer / Le temps nous prĂ©pare / De quoi bourlinguer / Pour changer de quai / Larguez les amarres / / Carguez la voilure / N⊠Le bonheur est une jeune fille / Qui ne sait pas quâelle est le bonheur / Dâun gamin quâelle a touchĂ© au coeur / Qui sâest arrĂȘtĂ© de jouer aux billes / Surpris / Le bonheur est un parfum qui fuit / /⊠Par son coeur Ă peine entrouvert sur lâespace / Une Ă©toile a posĂ© son oeil sur mes jours / Et jâai beau brouiller la surface / Et jâai beau effacer ma trace / Dans ma main le destin suit son cours / D⊠Le clairon, le tambour / Nâont jamais fait de musique / Le clairon, le tambour / Nâont jamais parlĂ© dâamour / Jâai rencontrĂ© mon grand-pĂšre / Jâai rencontrĂ© mon enfant / Et jâen conclus que la guerre ⊠Approchez, mesdames et messieurs, approchez, approchez, / le spectacle va commencer, / approchez, madame, approchez, monsieur, approchez, / les enfants, venez voir danser comme on nâa jamais vu encore⊠Un jour je ferai mon grand cerf-volant / Un cĂŽtĂ© rouge, un cĂŽtĂ© blanc / Un jour je ferai mon grand cerf-volant / Un cĂŽtĂ© rouge, un cĂŽtĂ© blanc / Un cĂŽtĂ© tendre / Un jour je ferai mon grand cerf-volant ⊠Le livre que jâai lu, je nâen sais point lâauteur / Le livre que jâai lu nâest pas chez le libraire / Je nâen sais point le titre et fus mauvais lecteur / Et si vous le trouvez, il faut parfois se tai⊠Le matin / En patins / Le midi / En ski / Le soir / Iâ fait noir / La folie a fait son lit / Dans les coteaux de la nuit / Dans la nuit tous les traĂźneaux / Sâen vont glisser sur la butte / Dans la nu⊠Il Ă©tait seul et marchait vers le nord du nord / / ThĂ©o mâa dit quâil lâavait vu en revenant de ses collets / Il lâavait aperçu trĂšs loin, par suâ les plaines / Ătait tout habillĂ© en gris, on aurait ⊠Le pays que je veux faire est pareil Ă la forĂȘt / Le pays que je veux faire est pareil Ă la forĂȘt / Et du lac Ă la lisiĂšre / Du coteau Ă la clairiĂšre / De la source Ă la riviĂšre / Tout le monde y trou⊠Non! Non! Non! Je ne changerai pas de nom / Oui! Oui! Oui! Je prendrai le nom de Pays / LâHistoire est une voiture / Qui ne met jamais les freins / Le moindre de ses refrains / Nous propose lâaventure⊠Il vient tĂŽt, le beau matin / Quâil faut quitter pĂšre et mĂšre / Pour aller voir si la terre / Est bonne pour les marins / Qui cherchent lâembarcadĂšre / Il vient tĂŽt, le beau matin / Des rĂȘves de voile⊠Pour Ămile / Le poĂšme dâun enfant / Est un grand marchĂ© aux puces / On y voit des Ă©lĂ©phants / Mettant leur trompe Ă lâencan / Le tambour du rĂ©giment / Cause avec des poupĂ©es russes / Un capitaine asse⊠Le premier soir des noces / Câest pour faire les oreilles⊠Oui! / Le premier soir des noces / Câest pour faire les oreilles⊠Oui! / Parce que pas dâoreilles / On nâa pas dâplaisir / On nâa pas dâenfan⊠Jâai mis de cĂŽtĂ© des silences / Dans un coin du temps / Ils ont inventĂ© des romances / Ă mon coeur battant / Mettez de cĂŽtĂ© quelques rires / Dans un coin du jour / Il faut si peu pour interdire / Le s⊠Le vent qui parlait de voyage / Ătait un vent trĂšs doux / Le ciel me faisait du nuage / Et du soleil surtout / / Et mon bateau de grande allure / Mettait le cap sur lâĂ©tranger / Tournant le dos aux n⊠Nous lâappellerons la Matine / Mon amour, la voile et le vent / Elle, Matine et lui, Robert / Le vent de la mer / Ne court pas les champs / Le vent de la mer / Mâattend / / Se sont trouvĂ© une chaloup⊠Le voyageur se dit souvent / OĂč donc est celle qui mâattend? / Le voyageur se dit souvent / OĂč donc est celle qui mâattend? / Est-elle en fĂȘte ou en priĂšre? / Elle est enfermĂ©e au couvent / OĂč je lâai⊠Le mot innocence / Pour les gens heureux / Et le mot silence / Pour les amoureux / Tous les amoureux de la mer / Ont toujours en Ă©quipage / Vent et voile, haut-fond et tangage / Ces mots sont prĂ©cieux⊠Le pas dâun homme seul au loin / Câest souvent celui dâun Indien / Le moindre geste quotidien / Les amours, les travaux / MĂȘme le chant dâun oiseau / Ton coeur, mes mots / Font tourner le monde / / L⊠Ma mĂšre mâenvoye au marchĂ© / Un pâtit galop, un pas dansĂ© / Ma mĂšre mâenvoye au marchĂ© / Un pâtit galop, un pas dansĂ© / Ma mĂšre mâenvoye au marchĂ© / Pour acheter des arpilles / Y avait pas dâarpilles ⊠Le charpentier dit volontiers / Rien de niveau sur ma planĂšte» / Mais ça reste un mĂ©tier honnĂȘte / Tu pourrais faire un charpentier / / Mais ne fais pas un militaire / Car ce nâest pas un beau mĂ©ti⊠Une boĂźte en soie / Pour cacher sa joie / Une boĂźte en flamme / Pour cacher son Ăąme / Une boĂźte en feu / Pour cacher ses yeux / Une boĂźte en fleur / Pour cacher son coeur / Une boĂźte en pluie / Pour c⊠Tous les cerfs-volants se ressemblent / Câest toujours un enfant qui tient le bout dâun fil / Et sa main tremble, et son oeil tremble / On ne sait plus lequel veut sâĂ©vader de lâautre au vent subtil /⊠Ah! que le temps nous semblait beau / Ah! que le temps mâa brisĂ© dâelle / Je dessinais des hirondelles / Sous le vol moqueur des corbeaux / Ah! que le temps mâest infidĂšle / Ah! que le temps me fait d⊠Pour que la feuille aille au plus haut / Chanter le travail des racines / Des fleurs aux fruits quâon imagine / Il faut de lâeau / Il faut de lâeau / Pour que la grive ou le pivert / Trouve pour la sa⊠Les gens de mon pays / Ce sont gens de paroles / Et gens de causerie / Qui parlent pour sâentendre / Et parlent pour parler / Il faut les Ă©couter / Câest parfois vĂ©ritĂ© / Et câest parfois mensonge / M⊠Les Ăźles de lâenfance / Dorment sur lâeau du Temps / On ne saurait y revenir quâavec des pas dâenfant / On ne saurait tout retenir, lâeau et le vent / Sâen vont devant / Sans emporter un souvenir / Le⊠à propos de nos richesses naturelles, faudrait pât-ĂȘtre pas non / plus sâconter trop de grosses menteries⊠/ / La plus grande Ă©pinette noire, avec un pavillon rouge Ă gauche / dans une de ses branche⊠Jâai pris mes mots du dimanche / Pour parler de mes amours / Jâai pris mes mots du dimanche / Pour parler de mes amours / Mais la semaine est en cours / Et ma page toute blanche / Jâai donc demandĂ© se⊠Le premier couplet dit que le temps passe / Le deuxiĂšme apprend que câest aujourdâhui / Un troisiĂšme a mis le coeur Ă sa place / LâĂąme est au couplet qui nâest pas fini / Le cinquiĂšme tourne au fond d⊠Ami de bel ouvrage / Apporte tes outils / Tes mots et tes mirages / Et tout ce qui bĂątit / Sur lâeau et sur le sable / On bĂątit rarement / Lâeau est insaisissable / Et le sable est mouvant / Mais tous⊠Jâai cassĂ© mon oeuf de pierre / Pas de jaune, pas de blanc / Y avait un diamant dedans / Qui lâavait pondu? / Savez-vous, Madame? / Qui lâavait pondu? / On lâa jamais su! / On lâa jamais su! / Jâai ca⊠On sâenfuit dâun pays / Pour diverses raisons / On y revient pour dâautres / Oh! bien souvent les mĂȘmes / Pour retrouver des gens / Et des mots que lâon aime / Le langage des gens / Câest beaucoup leu⊠Trois par trois, en rangs / Vont les robots, bardĂ©s de chair et de sang / Ils ont tous le pas / Un robot ne perd pas le pas, il ne peut pas / Ils ont Ă la main / Comme une bĂȘche, mais ce nâest pas une⊠Sur la plage de mon silence / Une femme marche et⊠câest toi / Qui ne sait pas que je la vois / Et que lâaventure commence / Et ne sait pas que je la vois / Dans lâĂ©glise de mon silence / Une femme pr⊠Jâai vu la jolie fille / Qui faisait du filet / Jâai vu la jolie fille / Qui faisait du filet / Qui tirait de lâaiguille / Lâaiguille qui maillait / Que fais-tu donc la belle? / Tu mailles bien trop g⊠Câest heureux que les enfants / Se dĂ©pensent dans la danse / Imaginez quâils commencent / Ă regarder les plus grands / Laissons mesurer le temps / De leur danse la plus belle / Les danses qui les appe⊠Immobile / Dans la ville / Jâentends les retours et les dĂ©parts se disputer le carrefour / Quatre Ă quatre / Jâentends battre / Le gros coeur poussif de la citĂ©, de son chagrin toujours plus / lourd /⊠Les voyageurs sont arrivĂ©s / Donnez-nous des nouvelles / Ah! les voyageurs sont arrivĂ©s / Donnez-nous des nouvelles / Ah! des nouvelles on va vous en donner / Ă commencer par le premier / Mais câest p⊠CâĂ©tait un paysan qui respectait la terre / Et comme il respectait aussi bien lâair et lâeau / Les voisins de Lucas lâappelaient lâĂcolo / Louise et Lucas avaient un fils au secondaire / Lucas allait ⊠Je ne suis quâun pauvre Ă©tudiant / Secondaire IV trĂšs secondaire / Jâsais pas quoi câque jâfais sur la terre / HabillĂ© comme un mendiant / Je ne suis quâun pauvre Ă©tudiant / / Je suis un poids pour m⊠Je nâai pas fait tout mon chemin / Que dĂ©jĂ je tourne la tĂȘte / Pour dĂ©couvrir comment sâest faite / Ma jeunesse et je nâen sais rien / Ma jeunesse et je nâen vois rien / / Elle a dĂ» passer poliment ⊠Dâun long voyage / Ma mie est de retour / Mâa rapportĂ© lâamour / Et davantage / Mâa rapportĂ© ses mains / Qui sont si douces / Je les tiendrai demain / Seront plus douces / La la la la la la seront plu⊠Elle ne fait peur Ă personne / Et pas plus de bruit que son pas / Elle ouvre Ă tout enfant qui sonne / Mais les journaux nâen parlent pas / Madame Adrienne, câest une infirmiĂšre / Quâun chagrin dâamou⊠Entrez, je vous en prie / Madame la Souris / Il est presque midi / Ă lâhorloge» / InvitĂ©e par Julie / La souris sâinterroge / Fromage et pain rassis / Et biscuits / Le nounours est assis / Et la poup⊠Fut-il amoureux? / Fut-elle fidĂšle? / On ne sait rien dâelle / On ne sait rien dâeux / Mademoiselle Ămilie / Vivait seule en sa maison / Avait Ă©tĂ© trĂšs jolie / En de lointaines saisons / Les photos qu⊠Maintenant que tu connais mes rĂȘves / Maintenant que tu connais mes peurs / Maintenant que tu me sais par coeur / Je ne sais plus quel vent se lĂšve / / Tu te demandes si parfois / Je te vois comme tu⊠Comme les continents dĂ©rivent / Comme les Ă©popĂ©es sâĂ©crivent / Jour aprĂšs jour et mot Ă mot / En de personnelles Ă©glises / Lâhomme se fait dieu sans surprise / Ă lâhorizon des animaux / Ma fiĂšre, ma d⊠Ce sont les gens de ce pays / Ce sont les gens de ce pays / Un gros navire ils ont bĂąti / Pour aller sur lâeau, sur lâonde / Aller voir au bord du monde / Mettez votâ parka, jâmets lâmien / Vous verre⊠Mon bateau et mon quai / Mon havre, ma tempĂȘte / Le jour est fatiguĂ© / De tourner dans ta tĂȘte / Ah! / / Je mâen vais mâembarquer bientĂŽt / Vent debout, vent arriĂšre / Et ho! bientĂŽt / Je mâen vais m⊠Mon pays, ce nâest pas un pays, câest lâhiver / Mon jardin, ce nâest pas un jardin, câest la plaine / Mon chemin, ce nâest pas un chemin, câest la neige / Mon pays, ce nâest pas un pays, câest lâhiver⊠Mon pays, câest une fenĂȘtre / Au bord de laquelle un enfant / Observe les saisons renaĂźtre / Et sur dehors couler le temps / Et sur dehors couler le temps / Mon pays dort dans sa fenĂȘtre / / Mon pays⊠Le pâtit frĂšre de notâ vicaire / Money Bum le vieux garçon / A fait dâmander son pâtit frĂšre / Pour râcevoir lâextrĂȘme-onction / Mon cher frĂšre, faut vous faire faire / Dâabord une bonne confession / ⊠DâoĂč câest quâtu viens, monsieur Pâtitpas / Toujours en dâssous dâton canot dâtoile? / Câest toujours ben pas des Ă©toiles / La tĂȘte en bas, tu les vois pas / As-tu fait lâĂ©cole des châmins / Pour fair⊠Câest une chanson quâjâai composĂ©e / Pour une soirĂ©e dans les chantiers / Pour faire chanter la compagnĂ©e / Qui commençait Ă sâennuyer / On Ă©tait cinq tout seuls dans lâcamp / Pis moi qui yeu disais t⊠On ne sait jamais qui frappe Ă la porte / On ne sait jamais ce quâil nous apporte / Cet Ă©tranger / Le voyageur / Il ne faut pas fermer son coeur / Il ne faut pas fermer son coeur / Ă lâĂ©tranger / Au v⊠Vous qui doutez, Ă©coutez donc ceci / / Dans les magasins du Galet, la nuit / On parle de gens qui travaillent / On entend remuer des bailles / On entend rouler des barils / Dans celui du vieux Paul a⊠Un jour les gens dâune province / Ont voulu se faire un pays / Un jour les gens dâune province / Ont voulu se faire un pays / La diffĂ©rence nâest pas mince / Câest ce que la rumeur en dit / / Mais la⊠Jâarrive Ă toi de partout / Câest de ta peau quâil fait doux / Câest de ton souffle quâil vente / Ta parole me construit / Ton silence me nourrit / Tout ce que tu dis mâinvente / / LĂšvres de chaque s⊠Il est bon de vous dire que chez nous, un gros courrier, quand / on a ben de la malle, comme on dit, Ă la poste, oh! un gros / courrier, madame, câest un statut social. Je vous mens pas, / un abonneme⊠Pendant que les bateaux / Font lâamour et la guerre / Avec lâeau qui les broie / Pendant que les ruisseaux / Dans le secret des bois / Deviennent des riviĂšres / / Moi, moi, je tâaime / Moi, moi, je t⊠Il a neigĂ© sur le bois / Et sur la riviĂšre / On ne voit plus les orniĂšres / Au chemin du roi / Fais ton somme / Petit homme / Un JĂ©sus tout comme toi / Est nĂ© chez les Iroquois / Câest un grand mystĂšr⊠Petite gloire, pauvre fortune / Me voici pour vous conquĂ©rir / Avec mes sacs de clairs de lune / Et mes carquois de souvenirs / Jâai de collĂ©s Ă mes semelles / De la neige et du goĂ©mon / Jâai bien con⊠Triste et doux, Ă regarder descendre / Dâun ciel lourd comme la mer / Comme du temps lentement / Du temps / Le matin tombe vĂȘtu de cendre / Sur la ville et les enfants, lâhiver / / La grisaille entre⊠Pour beaucoup, câest lâhirondelle / Qui rapporte dâun coup dâaile / La clef des printemps perdus / On dit que câest partant dâelle / Que le froid se dĂ©mantĂšle / Et que lâhiver est fondu / Mais pour mo⊠Quand elle dit le mot silence / Jâentends du sable sud et nord / Composer Ă sa ressemblance / Une rose Ă©trange qui dort / Des millĂ©naires de silence / / Mais dit-elle le mot amour / Mais dit-elle le ⊠Quand jâĂ©tais petit garçon / Je mâamusais de ferrailles / Je mâinventais des batailles / De grappins et dâhameçons / Comme jâai grandi aux sons / Du marteau et de lâenclume / Chaque matin quand jâallu⊠Quand je te ferai ta chanson / Nous serons deux Ă la connaĂźtre / Nous serons seuls Ă la fenĂȘtre / OccupĂ©s au jeu des saisons / Quand je te ferai ta chanson / / Un couplet pour la joie, un pour la pei⊠Quand la tendresse vient faire un peu de mĂ©nage / Dans le coeur que lâamour laisse tout Ă lâenvers / Il ne faut surtout pas lui demander son Ăąge / Et la laisser finir de prĂ©parer lâhiver / / On ne sa⊠Quand nous partirons pour la Louisiane / Anne, ma soeur Anne / Quand nous partirons / Nous saurons par coeur toutes nos chansons / Anne, ma soeur Anne / Je nous vois venir / Et nous souvenir / / DĂ© d⊠Quand on perd un ami / Tout est gris / La pluie et le soleil / Câest pareil / On sâendort dans les plis / De lâennui / Quand on perd un ami / Quand on perd un ami / Câest la nuit / On est un cerf-vola⊠Iâ mâfaut ça demain sans faute / Jâpeux pas mâen passer / Attention, la marche est haute / Faudrait pas tomber / / Quand tu vas chez lâmarchand, mon ami / Tâes en danger dâacheter / Quand tu vas chez⊠Quand vous mourrez de nos amours / Jâirai planter dans le jardin / Fleur Ă fleurir de beau matin / MoitiĂ© mĂ©tal, moitiĂ© papier / Pour me blesser un peu le pied / Mourez de mort trĂšs douce / Quâune fle⊠Sous la peau / La chair et la chaĂźne / Sous les mots / La joie et la peine / Sous la main / La lame et la haine / Sous le sein / Le lait et le coeur / Sous le champ / La source et la sĂšve / Sous le ve⊠Si les bateaux que nous avons bĂątis / Prennent la mer avant que je revienne / Cargue ta voile, aussi la mienne / Fais comme si, fais comme si / Nous en Ă©tions toujours les capitaines / Nous en Ă©tions ⊠Si tâas mal aux dents / Marche au bout du champ / Mon grand / Si tâas mal aux yeux / Ferme un oeil sur deux / Mon vieux / Si tâas mal au coeur / Trouve un feu qui meurt / Ma soeur / Si tâas mal au dos⊠La mariĂ©e a perdu son anneau dans la riviĂšre / Lâanneau dans un poisson pis le poisson dans le⊠/ Jâavais ça suâ lâbout dâla langue / Si tu lâas trouvĂ©, tu devrais pas lâoublier / / Jâai perdu mon di⊠Sur la vitre des automnes / Je dessine des printemps / Je travaille Ă contretemps / Mais jamais je nâabandonne / / Un peu dâherbe et dâhirondelle / Une marguerite au vent / Mâont fait croire trĂšs sou⊠Tam ti delam tam ti dela ditĂ© dela di / Tam ti delam tam ti dela ditam / / Si on voulait danser sur ma musique / On finirait par y trouver des pas / / Jâai fait cinq cents milles / Par les airs et p⊠Qui dira que lâamour sâenfuit / Que la rose passe avec lui? / / Connaissez-vous lâhistoire / De ce chemin / Qui menait chez GrĂ©goire / Le musicien? / Plus personne nây rĂŽde / Quâun vent peureux / Et ⊠Quand jâĂ©tais gamin / Je perdis mon pĂšre et ma mĂšre / ThĂ©o lâOrphelin / Ainsi mâappelaient les voisins / Plus tard je devins / Comme on dit un homme Ă tout faire / CâĂ©tait mon destin / CâĂ©tait Ă©crit ⊠Tous les chemins sâen allaient vers la ville / Je les ai pris / Tu crois quâtâes lâmaĂźtre de ton automobile / Tâas rien compris / Jâai remarquĂ© que dans le sens contraire / Y a moins dâĂ©crits / Quand ⊠Connaissez-vous un dĂ©nommĂ© Timor la Peur? / Si ça fait trente ans quâil a quinze ans / Ăa fait ben deux fois autant quâil a peur / / Dâavoir peur du pĂ©chĂ©, du Diable et du bon Dieu / De la faim et pi⊠Tire, mon coeur, tes accents de jeunesse / On vit loin de ses amours / Tire, mon coeur, que je te reconnaisse / Dans le bruit des alentours / Tire, mon coeur, de lâarmoire aux mensonges / Quelques acc⊠Pas haut, pas gros, pas beau / Mais les murs du cerveau / Tout finis en idĂ©es / Pas haut, pas gros, pas sot / Tit-DĂ© / DĂ©jĂ , Ă la pâtite Ă©cole / Tit-DĂ© la Bricole / Avait dâlâinvention / Câest lui quâ⊠Je suis parti, jâĂ©tais toute jeunesse / Gagner ma vie et me faire un mĂ©tier / Ă mes parents jâavais fait la promesse / De revenir aussitĂŽt fortunĂ© / Jâai vu de loin sâeffacer mon village / Midi sonnan⊠Au bout du fil de ma chanson / Est un pays bonheur-misĂšre / Tout commencĂ©, tout reste Ă faire / Je suis Ă lui trouver un nom / Entre Jeunesse, Amour et Terre / / TombĂ©e la nuit, fermĂ© le jour / Il nâ⊠Ton pĂšre est parti Ă la pĂȘche / Avec Wilfrid, et en partant / Il a dit AssociĂ©, dĂ©pĂȘche! / La mer est encore au montant / Pour manger de la morue fraĂźche / Il faut la prendre avant le vent / / Je le⊠Tout lâmonde est malheureux / Tam ti dela da ti / Dela da di delĂ© dilam / Tam ti delĂ© dilam / Tout lâmonde est malheureux / Tam ti delĂ© dilam / Tout lâmonde est malheureux tout lâtemps / Tout lâtemps ⊠Un monde finit, un autre commence / Tu peux ravaler ta romance / Jâai tout compris, je pense / Quâon nâest plus du mĂȘme pays / Tant quâon Ă©tait dans lâvieux systĂšme / Lâhomme avait toute lâautoritĂ© / ⊠Je ne prends que deux secondes / Pour Ă©crire le mot temps / Ă la troisiĂšme, jâattends / Que lâĂ©ternitĂ© rĂ©ponde / Mais lâĂ©ternitĂ© se tait / Mon coeur qui bat la mesure / Me rĂ©veille et me rassure / Je ⊠Une branche Ă la fenĂȘtre / Mâa rappelĂ© quâĂ renaĂźtre / Lâamour ne se lasse pas / Et quâĂ traverser lâespace / Tout oiseau laisse une trace / Plus vivace que mes pas / / Rien nâest jamais vain, ni lâh⊠Une chanson blanche / Cherche ses couleurs / Une chanson penche / Au bord de mon coeur / Sauvage mĂ©moire / Me reviendrez-vous / Comme de nuit noire / Le regard du loup? / / Jâai repris mon arc / Remp⊠Une chanson pomme / Pour un petit homme / Qui fera dodo / Dans son lit, tantĂŽt / Une chanson poire / Câest pour la nuit noire / Un refrain gris-bleu / Câest pour quand il pleut / Une chanson prune / C⊠Un vieux caillou presque tout rond / Avec trois arbres squelettiques / Et trente pas de sable blond⊠une Ăźle / Le vent de noroĂźt / Un jour mâa surpris / Cherchant un abri / Revenant de pĂȘche / Des goé⊠Faudrait quâtu fasses changer tes pneus / On est mardi jour des poubelles / Faut absolument quâtu mâappelles / Avant ce soir⊠câest ton neveu / Iâ dit quâil vient en fin dâsemaine / Avec sa mĂšre quâe⊠Trois petits sifflets / Un jeu dâosselets / Et des glands de chĂȘne / Pour Emilio / Un petit bateau / Gros comme un noyau / Un harmonica / Un bijou inca / Ăa, câest pour Sophie / Un anneau de bois / Qu⊠Vivre⊠Vivre debout / Pour me survivre / DĂ©lestĂ© de mes vieux tabous / Mais le coeur toujours prĂȘt Ă suivre / Le pas pressĂ© du caribou / Vivre⊠Vivre debout! / Vivre les peurs fermĂ©es mais la conscien⊠Vos mains qui sont tout prĂšs et pourtant si lointaines / Vos mains que vous posiez sur la vitre du temps / Sont venues ce matin causer avec les miennes / Quand sâen sont retournĂ©es mon coeur Ă©tait ded⊠Vos mots que je lance / Loin de nous sâen vont / Briser des silences / Et bĂątir des ponts / Je pose un mot sur un autre / Comme pierre sans ciment / Mais avec le sentiment / Dâaller rejoindre les vĂŽtr⊠Vu de lĂ -haut / Les fourmis ont trouvĂ© le cĂŽtĂ© du rectangle / Vu de lĂ -haut / Vu de lĂ -bas / Les chevaux ont ruĂ© jusquâĂ casser leurs sangles / Vu de lĂ -bas / / Vu de lĂ -haut / Les oiseaux font leursâŠ
Paroles de la chanson Ah ! tu sortiras, biquette, biquette ! par Chansons Enfantines Ah ! Tu sortiras, Biquette, Biquette, Ah ! Tu sortiras de ce chou-lĂ Ah ! Tu sortiras, Biquette, Biquette, Ah ! Tu sortiras de ce chou-lĂ On envoie chercher le chien, bis Afin de mordre Biquette. bis Le chien ne veut pas mordre Biquette. Biquette ne veut pas sortir du chou. Ah ! Tu sortiras, Biquette, Biquette, Ah ! Tu sortiras de ce chou-lĂ Ah ! Tu sortiras, Biquette, Biquette, Ah ! Tu sortiras de ce chou-lĂ On envoie chercher le loup, bis Afin de manger le chien. bis Le loup ne veut pas manger le chien. Le chien ne veut pas mordre Biquette. Biquette ne veut pas sortir du chou. Ah ! Tu sortiras, Biquette, Biquette, Ah ! Tu sortiras de ce chou-lĂ Ah ! Tu sortiras, Biquette, Biquette, Ah ! Tu sortiras de ce chou-lĂ On envoie chercher lâbĂąton, bis Afin dâassommer le loup. bis Le bĂąton nâveut pas assommer le loup. Le loup ne veut pas manger le chien. Le chien ne veut pas mordre Biquette. Biquette ne veut pas sortir du chou. Ah ! Tu sortiras, Biquette, Biquette, Ah ! Tu sortiras de ce chou-lĂ Ah ! Tu sortiras, Biquette, Biquette, Ah ! Tu sortiras de ce chou-lĂ On envoie chercher le feu, bis Afin de brĂ»ler lâbĂąton. bis Le feu ne veut pas brĂ»ler le bĂąton. Le bĂąton nâveut pas assommer le loup. Le loup ne veut pas manger le chien. Le chien ne veut pas mordre Biquette. Biquette ne veut pas sortir du chou. Ah ! Tu sortiras, Biquette, Biquette, Ah ! Tu sortiras de ce chou-lĂ Ah ! Tu sortiras, Biquette, Biquette, Ah ! Tu sortiras de ce chou-lĂ On envoie chercher de lâeau, bis Afin dâĂ©teindre le feu. bis Lâeau ne veut pas Ă©teindre le feu. Le feu ne veut pas brĂ»ler le bĂąton. Le bĂąton nâveut pas assommer le loup. Le loup ne veut pas manger le chien. Le chien ne veut pas mordre Biquette. Biquette ne veut pas sortir du chou. Ah ! Tu sortiras, Biquette, Biquette, Ah ! Tu sortiras de ce chou-lĂ Ah ! Tu sortiras, Biquette, Biquette, Ah ! Tu sortiras de ce chou-lĂ On envoie chercher le veau, bis Pour lui faire boire lâeau. bis Le veau ne veut pas boire de lâeau. Lâeau ne veut pas Ă©teindre le feu. Le feu ne veut pas brĂ»ler le bĂąton. Le bĂąton nâveut pas assommer le loup. Le loup ne veut pas manger le chien. Le chien ne veut pas mordre Biquette. Biquette ne veut pas sortir du chou. Ah ! Tu sortiras, Biquette, Biquette, Ah ! Tu sortiras de ce chou-lĂ Ah ! Tu sortiras, Biquette, Biquette, Ah ! Tu sortiras de ce chou-lĂ On envoie chercher lâboucher, bis Afin de tuer le veau. bis Le boucher nâveut pas tuer le veau. Le veau ne veut pas boire de lâeau. Lâeau ne veut pas Ă©teindre le feu. Le feu ne veut pas brĂ»ler le bĂąton. Le bĂąton nâveut pas assommer le loup. Le loup ne veut pas manger le chien. Le chien ne veut pas mordre Biquette. Biquette ne veut pas sortir du chou. Ah ! Tu sortiras, Biquette, Biquette, Ah ! Tu sortiras de ce chou-lĂ Ah ! Tu sortiras, Biquette, Biquette, Ah ! Tu sortiras de ce chou-lĂ On envoie chercher le diable, bis Pour quâil emporte le boucher. bis Le diable veut bien prendre lâboucher. Le boucher veut bien tuer le veau. Le veau veut bien boire lâeau. Lâeau veut bien Ă©teindre le feu. Le feu veut bien brĂ»ler le bĂąton. Le bĂąton veut bien assommer le loup. Le loup veut bien manger le chien. Le chien veut bien mordre Biquette. Biquette veut bien sortir du chou ! Ah ! Tu sortiras, Biquette, Biquette, Ah ! Tu sortiras de ce chou-lĂ Ah ! Tu sortiras, Biquette, Biquette, Ah ! Tu sortiras de ce chou-lĂ
comptine le loup on ne m aime pas du tout